Lettres à une défunte, par Eddard Poole

Aller en bas

Lettres à une défunte, par Eddard Poole

Message  Babanek le 01/09/17, 03:32 pm

1er chapitre : Le mariage de deux maisons.

Ma chère sœur, je reprends de t’écrire.

Je sais, j’avais arrêté. Mais il est toujours dur de penser à toi. A ta mort alors que nous n’avions que 6 ans, ce fatidique jour. Alors, je t’écris pour te raconter ce qui se passe dans ce monde et essayer que tu fasses encore partie de celui-ci.

Je vais te rappeler les gens qui me côtoient maintenant, après que notre père m’ait envoyé au Nid d’Aigle, demeure de la maison Egen, à la suite de Ser Brandon Omble pour forger un homme de l’enfant traumatisé que j’étais après ta mort.

- Ser Adrian Egen : je me devais de commencer par lui, mon ami d’enfance. Nous avons grandi ensemble, fais les 400 coups ensemble, apprit les armes ensemble et forgé notre dévotion à nos maisons ensemble. Nous sommes si semblables sur bien des points, comme sur l’honneur ou le fait que nous soyons les héritiers de nos maisons, mais si différents sur d’autres. Il est très pieux, et dévoué totalement aux 7. Moi, je vénère principalement les Anciens Dieux de la Forêt de notre famille, même si son influence fait que je révère aussi les 7 avatars qu’on appelle les nouveaux dieux. Il avait été fait chevalier oint au grand septuaire alors que j’avais été adoubé de deux coups d'épée sur les épaules de la part de Ser Omble après un entrainement.

- Ser Gareth Templeton : la trentaine d’année, ce chevalier héritier de sa maison, une vassale des Egen, est un guerrier talentueux et efficace. J’aime son attitude honorable et son dévouement, un exemple de chevalier qui me motive sur ma voie. Un jour je m’opposerai à lui sur les lices des tournois et je sortirai vainqueur.

- Ser Thomas Egen : je suis beaucoup moins proche du second fils de Lord Egen, dont la personnalité tournée vers la science des Mestres ne trouve pas de résonnance avec mes propres intérêts. Mais il n’y à nul animosité chez moi pour ce jeune noble désireux malgré les obstacles d’atteindre son rêve.

- Jilano Soledad : ce Braavien est le cousin d’Adrian. Je ne sais pas trop son histoire, quelque chose qu’il évoque assez peu, mais ses talents de danseur d’eau sont remarquables. Il sert de garde du corps aux deux fils de Lord Egen et est très observateur. Une autre chose de remarquable sont ses deux lames en acier Valyrien. Pas des armes classiques de Westeros, des armes de sa région natale…

- Adler Stone : le fils bâtard de Lord Rougefort est un homme que je connais peu, mais il s’est élevé à la place de chef des éperviers. Il doit donc être très compétent, mais nous nous croisons peu dans la vie de tous les jours.

- Ombre : le second d’Adler, cet homme fait peur. Il coupe les oreilles de ses adversaires comme les barbares des clans des montagnes de la Lune, en particulier les Oreilles Noires qui menacent le territoire des Egen. Son talent à l’arc ne fait que le rendre encore plus redoutable.

- Shavo Odadjian : des rumeurs couraient sur les aventures de ce barde avec sa monture, la mule des montagnes, rumeurs qu'il prend avec humour. Il aurait échappé à l'incinération à la cour du dernier roi Targaryen d'une chanson, célèbre pour ses exploits amoureux autant que pour son talent musical. Il est très doué dans les deux domaines, pour autant que je puisse en juger.

Une journée comme une autre avait débuté au Nid d’Aigle ce matin là, quand le Mestre fit savoir qu’un message était arrivé.
Jon Arryn avait fait envoyer un corbeau depuis Port-Réal pour nous apprendre l'union par mariage de la maison Harte et de la maison Manning. Au vu des relations houleuses entre ces deux maisons des Terres du Roi, une maison neutre et bienveillante fut choisie pour organiser et accueillir le mariage en question. Les deux maisons ne respectant pas la paix du roi dans les terres-mêmes de sa famille, cela faisait mauvais genre. Malgré leurs querelles, ils n’allaient pas pouvoir refuser au roi de se marier.

La maison Egen ayant été choisie pour accueillir et organiser le mariage, il revenait à Adrian et sa belle-mère Dame Cyrielle de tout prendre en charge. La nouvelle femme de Lord Egen se montra très compétente, déchargeant d’une grande partie de l’organisation le jeune héritier. Il restait néanmoins beaucoup de travail. La liste des invités des délégations fut reçue, les logements attribués…  

Les délégations allaient être reçues au château de Neufétoiles, chez la maison Templeton, et escortées jusqu'au Nid d'Aigles. Mais les surprises ne tardèrent pas : les Harte viendront avec une partie de la maison Bartheld, également vassale des Baratheon, tandis que les Manning allaient avoir des membres des maisons Brune et Celtigar. Préparaient-ils une démonstration de force ?
Au final, les délégations furent moins importantes que je le pensais :

Délégation Manning :
- Ser Lothor Brune viendra au nom des Brune, avec ses 25 ans c’est un chevalier d'âge mûr, quelconque pour autant que je le sache.
- Un représentant de la maison Celtigar, Ser Adrien Celtigar.
- Ser Kevan Manning, le futur marié, un jeune homme plutôt costaud, grand et musclé, chevalier, traits plutôt ordinaires gâchés par les cicatrices de la varicelle et la négligence; 20 ans.
- Lord Arthur Manning, le père, un homme assez âgé, grand, fier allure, aux manières distinguées. Le portrait craché de son fils mis à part la varicelle et l’âge.
- Darren Manning, le frère cadet, 15 ans, effacé, n'envisageait pas de devenir chevalier ou lord et donc s'est entrainé aux armes tardivement.
- 20 domestiques.
- 20 hommes d'armes. Seulement 5 seront autorisés en tant que garde d’honneur au château, le reste logeant dans les plaines autour du château Templeton.

Pour les Harte,
- Lord Davain Bartheld, un jeune homme qui partage une vision de la chevalerie droite et engagée, honorable. Récemment devenu seigneur de Grandcerf, 19 ans. Carrure imposante et plutôt beau.
- Lady Ayleth Bartheld, grande et svelte, à la peau pâle et aux cheveux blonds, aux yeux verts étincelants, élevée à Port- Real, à la cour, née Swann. Vive et intelligente.
- Ser Corbin Celtigar, chevalier, cicatrice hideuse en plein milieu du front, voix imposant l'autorité, cousin d'Adrian Celtigar, épée lige des Bartheld, s'intéresse beaucoup aux femmes.
- Ser Frendel Bartheld, cousin de Davain, jeune chevalier, visiblement très proche et complice de Corbin. 23 ans.
- Sylvie Harte, future mariée, incarnation de la beauté selon les canons de Westeros, 18 ans, plutôt timide et réservée.
- Eilen Harte, la sœur cadette, très timide, en retrait, 15 ans, facilement éclipsée par la beauté de sa sœur.
- Lord Gerard Harte, vieux soldat qui boite, mais qui a plus de mobilité que Lord Egen. Jovial et accessible.
- Lady Ella Harte, un peu étoffée, ce dut être une belle jeune femme, légèrement triste.
- Ser Etan Verraz, jeune chevalier, superbe jeune homme, pupille de la maison Harte. Les Verraz sont une maison de chevaliers fieffés qui étaient restés fidèles aux Targaryen, l'héritier a été envoyé à une maison fidèle.
- 50 domestiques, dont 10 cuisiniers de la maison Bartheld, et des cargaisons de vins suivent. La maison Bartheld étant connue pour ses vignobles, c’était un bon signe.
- 15 danseuses et 3 ménestrels, venus des terres Bartheld sur ordre de Ser Frendel, à la déception de son cousin.
- 20 hommes d'armes, dont seulement 5 viendront jusqu’au Nid d’Aigles.

En plus des membres des deux délégations, notre maisonnée sera présente et aussi Ser Vardys Egen, détaché par Lord Arryn pour le remplacer. Le mariage va entamer de manière notable les réserves financières de la petite famille, 200 dragons d'or sur le millier de stock. Espérons que tout se passe bien ! Le Septon Caeldon de la maison officiera, si le vieil homme survit jusque là. C’est lui qui m’avait enseigné le haut Valyrien après mon arrivée ici il y à 10 ans. Les festivités comprendront une joute et un concours de ménestrels, tout ce qu’Adrian avait pu se permettre avec si peu de temps.

Finalement, la cérémonie approcha et il fallait recevoir les invités. 50 éperviers et les étoiles filantes de Neufétoiles, furent engagés pour assurer la protection des caravanes d’invités contre d’éventuels pillards des clans. Les Harte arrivèrent 2 jours avant les autres. Le voyage prenant un jour, nous avions juste le temps d'emmener les Harte avant d'aller chercher les Manning.
Les invités furent installés, chaque délégation à un étage et les domestiques chacun dans une cour séparée par une porte gardée. Il fallait éviter à tout prix que quelque chose n’entache un mariage ordonné par le roi.

L'atmosphère était tendue mais correcte, les deux jeunes ont l'air de s'apprécier malgré le fait que ça soit leur première rencontre. Les plus hauts nobles et les proches des familles avaient été installés dans la grande salle, des estrades avaient été installées dans la haute cour pour le reste. Le vin des Bartheld coulait à flots à toutes les tables accompagné de la bière locale. Mouton rôti aux épices des îles du sud et à la croute de sel et bien d'autres mets de goût étaient servis. L'ambiance en général était bon enfant, mais je trouvais les dépenses un peu trop importantes.

Lady Dorna, la veuve et tante d’Adrian, brilla en société, discutant avec lord Manning, le seul veuf présent. Un nouveau mariage ? Le tournoi approchait, il aurait lieu le lendemain, avec comme prix un faucon dressé (un cadeau classique pour les maisons vassales des Eirye). Les deux favoris sont Gareth Templeton et Vardys Egen, suivis de près par Aemon Rivers et Adrien Celtigar. Le barde organisera des paris sur le tournoi, mais je n'y participai pas. C'était jeter des cerfs par la fenêtre.

Durant la soirée, le danseur d'eau remarqua que la mariée avait pâli et s'était absentée avec son garde du corps. Il alla quérir le mestre et les deux allèrent à la chambre de la dame, où ils trouvèrent des traces de vomi et la sœur de la future mariée. Rien ne semblait louche dans ses excuses mais c'était malheureux d'être malade le jour avant les noces.
Je me demandais soudain quels étaient tous les maillons de notre mestre. Je savais qu’il avait le maillon d’argent, la médecine, le maillon de fer noir, l’élevage des corbeaux, d’aluminium, l’art de l’écriture, ainsi que le maillon d’alliage de l’apprenti mais je n’avais jamais prêté attention s’il avait les maillons d’or (intendance et économie), de fer (art de la guerre), d’acier Valyrien (magie), de laiton (enseignement), de bronze (astronomie), de plomb (poison), d’acier pâle (forge), d’acier (architecture), d’électrum, d’étain, de platine, d’or rouge ou de cuivre (histoire), ni combien de fois il avait le même métal, attestant de sa compétence. Maintenant que nous allions prendre de plus en plus de responsabilités dans la maisonnée, connaître les compétences de nos membres sera nécessaire. Et espérons qu’il a plusieurs maillons d’argent.

Je passais la soirée avec Lady Ayleth Bartheld, qui discuta agréablement de tout et de rien avec moi, posant quelques questions un peu gênantes comme mon hésitation sur l'acceptation de mon héritage. Je partis me coucher à minuit en évitant d'abuser de la boisson, afin d'être en forme pour le tournoi. Je devais faire bonne impression, c’était mon premier tournoi.

Au lendemain le tournoi fut mis en place dans la basse-cour et les dames de cour tirèrent les paires. Jusqu’à la demi-finale, deux lices partageaient la cour.

La 1ère série vit les combats suivants :
- Ser Vardys Egen contre Ser Kevan Manning. Le futur marié finit par terre au premier passage.
- Ser Lothor Brune contre Ser Brandon Omble. Mon maître fit tomber son adverse au 2e passage.
- Ser Owen Egen contre Ser Lucas Corbay. Ser Owen l’emporta au 2e passage, c'était un combat entre nos deux corps d'armes, le Nid d'Aigle contre la Vigie. Ce match éclipsa un peu le match suivant, les hommes d’armes soutenant leurs groupes militaires.
- Ser Aemon Rivers contre Ser Adrian Egen. Le bâtard fit désarçonner notre seigneur au premier passage. Adrian était doué à l’épée, mais n’avait jamais vraiment pratiqué l’art de la joute, et cela se fit sentir.
- Ser Corbin Celtigar contre Ser Etan Verraz. Le représentant de la maison Verraz fut vaincu en 2 passages.
- Ser Arthur Manning contre moi-même. Jeune chevalier, je disposais de la force de la jeunesse mais manquais d’expérience, mon adversaire souffrait de son âge mais avait l’expérience pour compenser. Je gagnais au 3e passage après un retour sur selle des plus spectaculaires et des plus chanceux.
- Hector Hill contre Ser Adrian Celtigar. Le bâtard garde du corps utilisa un destrier prêté par le seigneur local. Hill gagna en 2 passes, avec peu de technique mais beaucoup de force.
- Ser Gareth Templeton contre Ser Frendel Bartheld. Notre héritier Templeton fit tomber son adversaire en première passe.

2e tour :
- Ser Vardis Egen contre moi-même Je tombais à la première passe, sans grande surprise. Le favori avait de l’expérience et était dans la force de l’âge, mon manque d’entrainement se fit cruellement sentir. J’avais au moins réussi à tenir honorablement jusqu’à cette passe.
- Ser Brandon Omble contre Ser Corbin Celtigar, ce dernier ne toucha même pas son adversaire avant de manger le sable des lices.
- Ser Aemon Rivers contre Ser Owen Egen, Rivers fit tomber son adversaire après une série d'échanges puissants.
- Hector Hill contre Ser Gareth Templeton. Le champion du Nid gagna au troisième passage, montrant sa technique contre la force brute de son adversaire.

3e tour – Demi-finales :
- Ser Vardys Egen contre Ser Brandon Omble. Le maître d'armes tomba au 2e passage. Il n’avait jamais été un spécialiste de la joute, préférant le corps à corps classique. Pour quelqu’un qui n’avait jamais été mentionné dans les favoris, mon maître avait tenu honorablement.
- Ser Aemon Rivers contre Ser Gareth Templeton. Le bâtard faillit tomber au 1er passage mais réussit à se redresser, mais au 2e passage il mordit la poussière.
-
4e tour – La finale :
Ser Vardys Egen contre Ser Gareth Templeton : notre brave Gareth tomba à la 3e passe, mais en ne touchant son adversaire vraiment que lors de la dernière passe. Le champion de Lord Arryn avait bien mérité sa réputation de jouteur.
Le vainqueur offrit le faucon à Sylvie Harte.

Cette matinée s’était relativement bien passée. Je te laisse, ma chère sœur, et empile cette lettre dans la boite ouvragée que je te dédie. Je te réécrirai plus tard.


Dernière édition par Babanek le 01/09/17, 03:34 pm, édité 1 fois

_________________
Que la Force, les Passions, les Kamis et les Fortunes, les 7 et Rhollor et les Anciens Dieux accompagnent vos lancers de dés.
avatar
Babanek
vieux lycans

Masculin

Messages : 283
Age : 38
Date d'inscription : 09/02/2017
Activités hobbystiques : JDR, jeux de société, de cartes, dessin, manga


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Lettres à une défunte, par Eddard Poole

Message  Babanek le 01/09/17, 03:33 pm

2e chapitre : Enlèvement d’une jeune fille.

J’ai quelques instants de libres alors que je prends une rapide collation à la Vigie après une journée mouvementée, avant que nous reprenions la route.

Alors que je me changeais après le tournoi, Adrian disparut pour rejoindre son père. Lorsque je revins, je vis qu'ils étaient tous les deux en train d'essayer de calmer Lady Ella Harte qui s'inquiétait de la disparition de sa fille Eilen.

Elle ne se sentait pas très bien et elle s'est éclipsée durant les lices, mais lorsque sa mère est venue la voir après le tournoi, elle avait disparu. Adrian allait devoir jouer le diplomate et me chargea de la retrouver. Je recrutais Jilano, Ombre et Shavo pour m'aider dans cette mission. Ils avaient l’avantage d’être discrets à l’intérieur et à l’extérieur du château si le besoin se faisait sentir.

Je croisais le mestre et je pu jeter un coup d'œil à sa chaine, en plus de l'écriture et de l'élevage des corbeaux, il avait 2 maillons d'argent (médecine), 1 d’or (intendance et économie), 2 d’acier Valyrien (magie), 1 de laiton (enseignement), 2 d’acier pâle (forge), 3 d’étain (exploitation minière) , et de 2 de cuivre (histoire). Des informations que je savais utile dans le futur.

J'envoyais Jilano et Ombre vérifier la chambre d’Eilen, pendant que nous allions questionner les postes de garde. La jeune fille logeait avec sa délégation au 1er étage. Le barde et moi questionnâmes les gardes des différents points de passage, mais ils n'avaient rien vu. Shavo me laissa pour aller se renseigner auprès d'une personne de sexe féminin qui ne voudrait pas me voir. Je partis prendre une collation et rejoindre mes deux compagnons en espérant qu'ils avaient quelque information utile, ce qui fut le cas.
Apparemment elle n'était pas partie seule, mais avec des vêtements chauds et visiblement sans combat. Cela confirmait l’hypothèse d’un enlèvement, mais aussi qu’elle avait pu facilement se glisser discrètement dehors avec des gens.

Il existe sous le château d'anciennes mines de fer, abandonnées à la découverte de celles de la Vigie. Je savais que nous avions des réserves dans ces caves, mais le Braavi nous apprit (sous le serment du silence car c'était un des secrets du château) qu'il y avait une sortie au fond de l'une de ses caves. Seule une poignée de personnes en connaissent l'existence : lord Egen, le chef des cuisines, le chef des éperviers, le mestre et le barde. Nous nous retrouvâmes à la cave aux champignons, ayant pris des chemins différents pour éviter d'attirer l'attention. Les gens me remarquèrent y descendre, mais un Ser en armure passe fort peu inaperçu dans ces lieux.

Une porte décorée d'un grossier croquis indiquant le risque d'effondrement du plafond marqua le début de ce chemin secret. Suivant l'originaire des terres de l’est, il nous mena à travers une vieille mine jusqu'à un puits de mine où se trouvait un coffre (habituellement utilisé dans les réserves pour transporter et stocker la nourriture), suffisamment grand pour contenir la disparue, ce que confirmait le petit coussin laissé à l'intérieur. En la transportant dans ce coffre, ils avaient pu facilement amener la jeune lady à travers la basse courre et les caves sans se faire repérer.

Le descendant des cités libres indiqua le passage de trois personnes, ce que confirma Ombre avant de s'élancer discrètement à leur poursuite. Mais les deux Braaviens et moi-même ne fûmes pas aussi discrets qu’Ombre et les marches en bois étaient bruyantes. La discrétion n’était pas mon fort, tu le sais, surtout en armure.

Nous sommes finalement arrivés à la grille fermée qui assurait que personne ne passe, dont Shavo avait récupéré la clé auprès du mestre. Un cadavre s'y trouvait. Il s'agissait de Marten, le cuisinier en chef de la maison Egen, visiblement le traître. Shavo nous fit remarquer qu'il avait lui-même apprit l'existence de ce passage du mort, qui avait une certaine habitude à trop parler. Ceci lui avait coûté la vie.

Plus loin nous trouvâmes une herse levée, qu'on ne pouvait visiblement ouvrir et fermer que de l'intérieur. Ensuite le boyau devint beaucoup plus naturel et à son bout, les cailloux qui servaient à dissimuler le passage avaient été retirés. Les épineux qui cachaient la grotte où le passage débouchait avaient été coupés à l'épée.

Nous nous retrouvâmes dans la vallée à suivre un petit sentier alors que le jour tombait. Nous étions à 2 h du château et à 3h de la Vigie. Après des pérégrinations dans les collines, Ombre trouva un petit bivouac où se trouvaient deux cadavres, des hommes portant cuir clouté et épée courte aux couleurs de la maison Manning des Embruns, la maison du mari.

Ils ont été tués visiblement par les clans des monts de la Lune. Mais Silano et Ombre remarquèrent que les coups plus visibles n'avaient pas été les coups mortels et que les attaquants avaient des bottes alors que les membres des clans marchaient généralement pieds nus. Il s’agissait donc d’une mise en scène.

Poursuivant notre route à leurs talons, nous espérions rattraper les 6 agresseurs ralentis par la jeune fille. Nous les retrouvâmes dans les bois grâce au talent du danseur d'eau pour l'observation, qui remarqua une faible lueur dans les bois, en retrait de de la haute route.
Je préparai un plan d'encerclement en essayant de limiter notre maillon faible, c'est-à-dire moi dans cette situation, tout en prévoyant plusieurs développements possibles.

Ombre tua deux de nos adversaires de ses flèches, Shavo en tua un alors qu'il se rendait pendant que Jilano blessait suffisamment son adversaire, le forçant à se rendre. Je rentrai en contact avec celui qui était en garde et le transperçai de mon épée alors qu'Ombre se retrouvait en corps à corps avec ce qui semblait être le chef.

Jilano tenait son adversaire en respect tout en libérant la fille, jusqu'à ce qu'il soit rejoint par notre barde. Alors, Jilano et moi-même engageâmes ce qui semblait être le meilleur guerrier, qui finit par se rendre sous nos coups répétés. Ombre et Shavo identifièrent les hommes d'armes comme des mercenaires trainant à la vigie, et le chef comme un chevalier errant. Ils avaient reçu 100 cerfs d'argent chacun et le chevalier 1 dragon d'or.

Lady Eilen avait eu les yeux bandés durant son enlèvement, mais dit qu'elle pensait qu'il s'agissait d'hommes de sa maisonnée, contrairement à ce qu'attestaient nos premières observations. Jim et Larid étaient des gens déguisés de la maison Harte, qui furent doublés par le groupe d’épées louées de la Vigie. Les mercenaires avaient été payés pour récupérer, protéger et emmener la jeune fille jusqu’à une auberge après le Trident. Leur commanditaire avec une description passe-partout qui ne permettrait pas son identification.

Maintenant qu'allions-nous faire pour expliquer les évènements aux délégations sans mettre en danger la volatile situation politique ?
Nous allons reprendre la route pour la Vigie pour y déposer nos deux prisonniers et prendre contact avec Adrian car la décision finale serait sienne. Je t’écrirai de nouveau après ça, ma chère sœur.

_________________
Que la Force, les Passions, les Kamis et les Fortunes, les 7 et Rhollor et les Anciens Dieux accompagnent vos lancers de dés.
avatar
Babanek
vieux lycans

Masculin

Messages : 283
Age : 38
Date d'inscription : 09/02/2017
Activités hobbystiques : JDR, jeux de société, de cartes, dessin, manga


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Lettres à une défunte, par Eddard Poole

Message  Babanek le 01/09/17, 03:34 pm

3e chapitre : A la recherche  d'un cuisinier.

La poussière retombe après les festivités, si on peut dire. J’en profite pour t’écrire encore quelques lignes, ma chère sœur.

Nous rentrâmes au château par le souterrain, après avoir bandez les yeux de la jeune fille. Les gens se poseraient des questions sur notre temps passé dans les caves mais nous pouvions essayer de monter une histoire officielle d'une disparition dans celles-ci.

Le pauvre Ombre fut emmené voir le mestre, ses blessures toujours saignantes. Le danseur d'eau fut envoyé comme garde du corps auprès d'Eilen à sa demande, elle craignait visiblement d'être uniquement avec des gens de sa maison.

La jeune Harte révéla avoir été enlevée par des gens sans plus de détails, afin de n'impliquer personne d'ici que nous puissions démêler l'affaire. Lord Egen désigna Ser Omble pour protéger la cadette Harte et demanda quelques heures pour éclaircir la situation au près du père de la disparue, qui était véhément à obtenir un coupable. Il nous fallait trouver une solution rapidement. Surtout lorsqu' Elein nous appris que sa sœur était enceinte et que le père supposé était Etan Verraz.

Pendant plusieurs heures nous discutâmes de plusieurs hypothèses sur qui avait put organiser cet enlèvement et pour quelles raisons. Finalement, nous avions seulement quelques points dont nous étions sûrs :
 Sylvie avait convaincu son père que de repousser le mariage au lieu de l'annuler à la disparition de sa sœur.
 Sylvie avait été déçue par le retour de sa sœur.
 La future mariée jouait la comédie concernant son intérêt pour son futur époux.
 Etan Verraz avait une raison d'empêcher le mariage : épousé l’héritière Harte, et une autre pour le laisser se faire : son bâtard hériterait de la maison en question.
 La Paix du Roi devait s'appliquer, même si Eilen suggérait que marier sa sœur à l'héritier Manning n'allait pas l'obtenir.
 Il allait falloir assurer la protection de la jeune fille.

Au final, faute de pouvoir obtenir une unanimité, nous sommes allés interroger
Harrod, celui qui avait apporté la tisane à dame Eilen au matin et qui lui avait fait quitter le tournoi. Je le trouvais dans la basse-cour et le ramenai à notre conciliabule. Il se pissa dessus en entrant. Nous finîmes par obtenir qu'Alexandra, une camériste, ait ajouté une épice à la tisane. Nous avions une piste.

Après avoir fait mettre Harrod sous garde, je suggérai d'envoyer le barde chercher la dite Alexandra. Ce dernier pouvait l'approcher sous le couvert de se renseigner sur quelles chansons chanté à la cérémonie. Amenée devant nous, elle nous avoua avoir empoisonné la tisane avec une fiole remise par dame Sylvie. Le mestre identifia le poison comme du lait de pavot, un somnifère et analgésique bien connu, et malheureusement facile à obtenir.

La camériste mise à son tour sous garde, nous allâmes voir Lord Egen. Lord Manning était en pleine discussion avec lui, ce qui n'était pas surprenant vu qu'il ne restait que 2 heures avant le mariage. Après son départ, nous expliquâmes ce que nous avions découvert au père d'Adrian. Il grimaça à entendre l'histoire et demanda à avoir son vieil ami lord Harte.

Il nous convoqua ensuite afin de nous expliquer son accord avec le seigneur des terres de l'orage. Nous allions devoir portez les accusations d'enlèvement contre Sylvie Harte devant les invités du mariage. Et il fut fait ainsi, dans la salle de justice. Les nobles présents étaient stressés alors que l'accusation était portée par le seigneur du Nid d'Aigle. Ethan Verraz bouillait alors que les témoins et les preuves étaient amenés devant. Les nausées mystérieuses lors du premier repas, l'empoisonnement, le témoignage d'une autre camériste concernant le rapprochement entre le jeune chevalier et l'héritière …

En apparence, Sylvie Harte resta calme et déclara qu'il s'agissait d'un complot et fit appel à un duel judiciaire. Nous savions qu'elle le ferait, et comme nous l'avions prévu elle prit Ethan Verraz comme champion. Et conformément à notre conciliabule, lord Egen désigna Ser Gareth Templeton.

La tension était à son comble, il ne restait plus que 10 minutes avant l'heure prévue du mariage, si les invités de haute classe étaient au courant, le reste attendait patiemment dans le petit septuaire.
Ser Gareth prit l'offensive et le blessa grièvement dès son premier coup, et le chevalier fieffé ne parvint à passer son armure en réponse. Le chevalier de la maison Templeton poussa son avantage et blessa grièvement son adversaire de nouveau, laissant son bras branlant. Blessé tel qu'il était, il rata encore Gareth, dont le coup suivant envoya le chevalier des terres de la couronne roulé à terre, mort avec le haut de son torse en sang.

Lady Silvie laissa s'échapper un hurlement à la mort de Verraz. Déclarée coupable par le duel judiciaire, elle eut le choix entre mourir ou rejoindre les sœurs du silence. Elle acquiesça en silence avant d'être renvoyée de la salle. J’aurai proposé qu’elle devienne Septa, mais c’était le choix que lui proposa son père.

Le mariage eut lieu ensuite, comme l'avait demandé le roi. La jeune Eilen alla devant les 7 en portant la cape aux couleurs de sa famille, que la nouvelle sœur du silence lui avait déposée sur les épaules avant de partir. Le futur marié broncha à peine, mais beaucoup d'invités marquèrent leur surprise. A part la mère Harte, les gens prirent un certain plaisir aux festivités, beaucoup de tensions s’étant maintenant envolées. La cérémonie traditionnelle du déshabillage et du transport nu  jusqu'à la chambre à coucher finit la soirée en beauté pour la plupart des invités. Je n’y participais pas, je trouvais cette pratique un peu ridicule.

Le reste ne fut que rangement, au-revoir, correspondance pour garder les liens avec les maisons mariées… Le lord suzerain, Lord Arryn, nous accorda une faveur. Je suggérais de l’utiliser pour augmenter la sécurité dans le territoire de la maison Egen, pour que jamais des tragédies comme la notre ne se reproduisent. Ser Gareth et Ser Adrian furent d’accord. Les soldats de la Porte Sanglante repoussèrent les clans de la Lune plus haut dans les montagnes, instaurant une paix plus durable dans le territoire.

Le roi nous fit envoyer en récompense une breloque d'une valeur de 1000 dragons, un signe de sa faveur qui allait renflouer les caisses que je trouvais fort vide de la maisonnée. Ombre se remis de ses blessures et n’aurait aucune séquelle à long terme.

Dans les mois qui suivirent, nous reçûmes un bienfait. Le roi a eu l'occasion de rencontrer Lord Manning et les jeunes mariés, ce qui fit qu'on parla de nous à la cour Royale. Nous reçûmes lettres et quelques représentants, permettant d’accroître l’influence de la petite maison Egen.

Je sais qu’il m’a fallut plusieurs mois pour finir cette lettre, ma chère sœur, mais chaque fois que je prends ma plume pour t’écrire, mon cœur se serre.


Dernière édition par Babanek le 01/09/17, 03:36 pm, édité 1 fois

_________________
Que la Force, les Passions, les Kamis et les Fortunes, les 7 et Rhollor et les Anciens Dieux accompagnent vos lancers de dés.
avatar
Babanek
vieux lycans

Masculin

Messages : 283
Age : 38
Date d'inscription : 09/02/2017
Activités hobbystiques : JDR, jeux de société, de cartes, dessin, manga


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Lettres à une défunte, par Eddard Poole

Message  Babanek le 01/09/17, 03:35 pm

4e chapitre : Sur la route royale.

Après plusieurs jours d’un calme fort agréable, un corbeau porta un parchemin avec le sceau du roi, son altesse convoquait toutes les maisons nobles de Westeros à un tournoi aux lices de Port-Réal. Tu connais ma passion pour les tournois, ma chère sœur ! C’était une occasion rêvée. Le seigneur Egen demanda à son fils de prendre une délégation pour représenter leur famille : son frère, Jilano, Shavo, Gareth Templeton, et Adler Stone allaient l'accompagner en plus de moi-même, et de 4 pages. Kelly Cocks, Ser Aemon Rivers, Dorna Yarwick, Hector Hill  et Ser Brandon Omble viendront plus tard, avec quelques hommes d’armes. Les Danett étaient menaçants ces derniers temps, et nous ne pouvions trop dégarnir nos défenses face à cette maison hostile.

Le voyage sur nos terres se passa sans encombre. Adler Stone était toujours aussi peu causant. J'avais l'impression que son faucon parlait plus que lui. Il fait une bonne paire avec Thomas, le réservé, le discret, sympathique mais toujours dans ses bouquins. Avec ces deux-là, on voyageait dans la bonne humeur… de manière assez silencieuse. J’avais étudié aux cotés de Thomas le haut valyrien et l’éducation en général, mais il restait toujours distant. Il avait 15 ans et moi 17, mais si deux ans de différence ne semblaient pas avoir affecté ma relation avec son frère ainé, je n’avais pas noué de liens aussi forts avec le cadet.

Nous poussâmes jusqu'à Halbourg afin de profiter d'un lit chaud et d'un toit au-dessus de nos têtes. Cette petite ville a été plusieurs fois rasée, mais elle a toujours été reconstruite et reste prospère. Shavo connaissait bien la ville et nous guida vers une auberge sans trait particulier, tenue par Hadrian Tor, le cœur et la couronne. Le barde Braavien connaissait du monde partout où nous allions, et des gens lui réclamaient de l’argent partout où il allait.

Adler nous rapporta au matin qu'une échauffourée avait eu lieu au sud-est et donc la route serait peut-être dangereuse. Il confirma plus tard dans l'après-midi cette information. Nous prîmes nos armures par sécurité, sans nous arrêter sur le lieu du combat, où festoyaient loups et corbeaux.

Plus loin, un cadavre de cheval se trouvait sur le bord de la route. Je trouvais qu’il y avait beaucoup de cadavres pour une route fréquentée durant la paix du roi. Il s'agit d'un cheval pie non scellé qui venait visiblement du lieu de l'embuscade. Adrian décida qu'il fallait offrir une sépulture descente aux disparus.

Une meute des plus impressionnantes, avec 12 bêtes dont un loup fort gros sans être un loup-garou, était en train de dévorer une demi-douzaine de cadavres. Notre équipée engagea le combat, l'éclaireur tuant un animal avec chaque flèche alors que les chevaliers tranchèrent dans les rangs des bêtes. Le canasson de Ser Egen y passa, et son page sera obligé de partager mon cheval de guerre avec mon écuyer.

Il y avait 5 hommes d'armes, visiblement entrainés d’après les observations de Thomas (il avait étudié la médecine avec le mestre, dans le but de devenir lui-même mestre. Mais ça n’arrivera pas tant qu’il n’y aura pas de 3e héritier), dont 4 moururent dans leur sommeil et le 5e put se lever et dégainer avant de mourir. Le cheval devait être le sien. Son épée portait le symbole du cerf comme celui de la famille Barathéon. Thomas pense qu'il s'agirait d'un homme ayant servi sous Stannis avant que son frère ne prenne le trône. Le danseur d'eau remarqua que ses compagnons avaient du sang séché sur leurs lames encore dans leur fourreau, ils avaient donc combattu avant cette embuscade. Peut-être avaient-ils déjà subit une embuscade plus tôt dans la journée ?

J'aidais les écuyers à creuser une fosse commune, pendant que mes compagnons préparaient les corps. Ils avaient été pillés, mais nous récupérâmes l'épée et sa jumelle sur un autre corps pour les remettre aux Barathéons. Nous reprîmes la route à travers les terres de la couronne, jusqu'à l'auberge de Dague dans les alentours d'Harrenhall.

L'ambiance y était tendue, de nombreuses personnes nous surveillant du coin de l'œil et l'aubergiste reconnu de suite le fils héritier de Lord Egen. Cette animosité était peut-être dû au fait que notre seigneur avait servi Robert contre les Targaryens. Adrian décida d'en savoir plus et interrogea la serveuse, qui répondit, inquiète et sincère, que la famille Egen avait fait massacrer plusieurs villages entiers sur les terres de la famille Danett.

La rumeur avait été propagée  par la délégation d'Adham Danett, fils d'Affric, qui était passé par ici il y à quelques temps. Il avait accusé les chevaliers Templeton d'être le bras armé ici. Soudain, Gareth recracha le vin, qui avait tourné au vinaigre. Mais étrangement le crachat prit la forme d'une lance rouge, le symbole de la famille Danett.

Nous reprîmes la route royale et croisâmes des gens portant la livrée des trois clefs d'or, une maison des terres de la couronne, des jeunes nobles de 13 à 15 ans. Ils crachèrent sur les chausses d'Adler avant de nous accuser d'être des assassins. Dewald de Porte-clefs, messager du roi, se présenta-t'il. Adrian leur demanda s'ils parlaient au nom du roi en les accusant de calomnie, et il fit une pirouette en disant que c'était le jeune Ser Danett qui lui avait rapporté nos « méfaits. ». Déstabilisés, les trois jeunes nobles nous regardèrent partir avec de grands yeux écarquillés.
Adrian s’en était très bien sortit, mais ça commençait à devenir très problématique. La réputation de la maison Egen était trainée dans la boue et ça risquait de finir dans le sang.

Notre prochain arrêt fut l'auberge du grand cerf, tenue par Martha la veuve d'un combattant mort au Trident sous les ordres de Robert. Notre injurieux voisin serait déjà arrivé à Port-réal et aurait voyagé avec Ruben Pipper, fiancé à Eris Danett, jusqu'à la disparition de celle-ci, un marchand d'une quarantaine d'années, dégoutant d'après l'aubergiste, mais très riche du commerce avec l'Est.

Au matin, Stone nous dit avoir vu quelqu'un quitté l'auberge par une fenêtre et l'avoir vu rejoindre un campement dans la forêt, ce qu'il trouvait fort louche, autant par la sortie de la personne que par ce campement dissimulé dans les bois.
Ces surveillances nocturnes étaient un peu surprenantes, surtout lorsqu’il expliqua avoir oublié son arc. Visiterait-il les prostituées plus tard dans la nuit que Shavo ? Il était vraiment étrange.

Le barde apprit quelques rumeurs sur l'héritier de la maison Danett, qui se faisait beaucoup d'ennemis avec sa campagne de calomnie, certains pensaient qu'il ferait peut-être mieux de protéger sa peau vu qu'il était le dernier héritier de sa maison depuis la disparition de sa sœur. La preuve de ce dernier pour supporter ses calomnies est un bouclier aux couleurs de la maison Egen, trouvé dans les ruines d'un village. Ce bouclier pouvait venir de tas d'évènements sans rapports avec une attaque d'un village, d'ailleurs il était surprenant que les paysans est put obtenir juste un bouclier d’un tel combat.
Et puisqu’il nous accusait de forfanterie, pourquoi ne pas accuser la maison Egen d’un crime ayant réellement eu lieu ? Celui de la disparition de sa sœur…

Rog Thenders, le négociant qui nous avait fourni les informations, allait voyager avec nous jusqu'à Port-Réal, content d’avoir une escorte. Il pourrait nous servir dans les faubourgs de la capitale pour nous aider à trouver logement et fournitures. Après la mort du cheval de Ser Egen, un caparaçon pourrait être utile.
Jilano se méfiait depuis hier d'un homme avec une livrée ornée d'une fleur, Amish Flowers, d'après le nom un bâtard originaire du Bief. Ce dernier fut retrouvé pendu dans sa chambre, mais Thomas découvrit qu'il avait été étranglé dans son lit avant d'être pendu. Il avait bu seul hier dès son arrivée, en maugréant des propos dépressifs. Il était venu du nord, un jour avant nous.

Notre épervier allait devoir visiter le campement où cet homme mystérieux avait disparut.

_________________
Que la Force, les Passions, les Kamis et les Fortunes, les 7 et Rhollor et les Anciens Dieux accompagnent vos lancers de dés.
avatar
Babanek
vieux lycans

Masculin

Messages : 283
Age : 38
Date d'inscription : 09/02/2017
Activités hobbystiques : JDR, jeux de société, de cartes, dessin, manga


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Lettres à une défunte, par Eddard Poole

Message  Babanek le 01/09/17, 03:37 pm

5e chapitre : arrivée de la seconde délégation.

Comme tu t’en rends compte, ma sœur, ce voyage est plein de rebondissements. ET je pense que ce n’est pas fini. Au matin, la seconde délégation arriva, du moins Ser Brandon Omble et Ombre. Ces derniers avaient appris les rumeurs qui couraient sur notre maison et avaient donc laissé le reste de la troupe en arrière pour arriver aussi vite que possible.

Une expédition se monta alors, seuls restaient à l'auberge Adrian sous la protection de Ser Omble. Je laissais Stone prendre le commandement, malgré que je pense être le meilleur tacticien de cette assemblée. Les deux éperviers partirent en éclaireurs devant pendant que le reste du groupe. Ils trouvèrent un campement d'une demi-douzaine d'hommes d'armes, combattants de fortune, avec un vieil homme en cotte de mailles. Après une âpre discussion, un plan d'action fut mis en place.

Ombre et Adler partirent devant, pendant que Ser Gareth et moi allions mener la charge à cheval, soutenu par le reste de l'équipe. Nos archers et nos chevaliers tranchèrent dans les rangs ennemis, mais Thomas fut la cible constante du meilleur des défenseurs, lui gagnant de belles blessures qui feront la fierté de son père et de son maître d'armes.
Le meilleur de leurs guerriers résista un moment aux assauts de Jilano, mais le danseur Braavien trouva la faille. Ce dernier était clairement un combattant expérimenté déguisé en homme d'arme. Le barde trouva sur leur corps des lettres de commissions signées Alfrick Danett, mais Shavo les identifia comme étant des faux grossiers.

Thomas fit merveille avec les blessures, allant jusqu'à ramener de la frontière de la mort deux de nos adversaires, et en stabiliser un. Le maître des araignées, le chanteur des cités libres, se chargea de l'interrogatoire. Il nous dit avoir été engagés par l'homme plus âgé qu’Adler avait vu dans la clairière. Nous ne l’avions pas vu ce dernier du combat, il s’était dissimulé dans les arbres, et après avoir envoyé deux flèches, s'était enfui à cheval.

Les reitres avaient été engagés contre la promesse d'être engagés par la maison Danett pour les avoir sauvés des vils assassins de la maison Egen que nous étions. L'homme plus âgé, que nous soupçonnions d'être le meurtrier de Flowers, les avait prévenus de notre arrivée. Il nous décrivit celui qui s'était présenté comme Le vieux Danett comme un homme grand, mince et bronzé loin du vieillissant chef de maison, petit, trapu et pâle que l'on m'avait décrit.
Détail intéressant, notre mystérieux homme portait un écu orné d'un renard sur fond sinople, que Thomas identifia comme le blason de la maison Archey. Il s'agissait d'une maison mourante, que notre érudit pensait même éteinte, vassale de Hautjardin, ayant combattu du coté des Targaryens, sans terres ni titres depuis la révolté.

Sur le cadavre du combattant expérimenté, bien dissimulé, se trouvait un grand couteau ouvragé avec les mêmes armoiries que les épées de Lord Stannis que nous avions trouvé précédemment. Il faisait peut-être partie des agresseurs des hommes que nous avions enterrés précédemment, puisque Jilano avait remarqué qu’ils avaient été attaqués récemment.
Une fois les corps enterrés, afin de ne pas avoir à revenir après avoir fait notre rapport à Adrian, nous rentrâmes à l’auberge.

Le reste du voyage jusqu’à la capitale se passa sans encombre. Je ne sais pas si tu te souviens de cette ville, ma sœur. Nous y étions passés étant jeunes lors d’une grande occasion. Je ne me rappelais de ce voyage que les couleurs et les bruits, tant de monde au même endroit. Mais là, nous arrivâmes de nuit et la garde se fit réticente à nous laisser entrer. Le capitaine Toppers Simonen des manteaux d'or, la garde la ville, nous posa bien des problèmes avant que nous puissions nous installer à l’auberge.

Cette dernière avait 10 chambres disponibles, mais je convainquis le reste de la délégation de partager des chambres afin de faire des économies. Nous en avions pour 25 cerfs d'argent pour les chambres et des repas, ce qui représentait déjà une somme. La répartition fut la suivante :
 Adrian / Thomas
 Gareth / Eddard
 Cocks
 Jilano
 Rivers
 Hill / Stone
 Dorma
 Shavo (qui paya sa pension lui-même).
 Ombre dormait dans les écuries à cause de son apparence.
Les chambres furent organisées pour que les gardes du corps soient dans des chambres adjacentes à leurs charges. Le reste de notre troupe, pages, écuyers et gardes ainsi que Ser Omble étaient en train de s’installer au bord des lices pour le tournoi.

Dans l'auberge se trouvaient les héritiers d'une maison voisine, la maison Lugus, au blason de la coupe argent sur champ sable. Une maison mineure, leur devise était : boire, vivre et durer. Ils étaient connus pour avoir un très grand nombre de parents masculins, très prolifique même si pas autant que les tristement connus Frey, comme eux vassaux des Tully. De nombreux meurtres fratricides parsemaient l’histoire de cette famille, qui avait combattu aux cotés des Lannisters sous la bannière des Targaryens avant de se rallier comme eux à la rébellion après que le régicide est tué le roi fou. Pas vraiment le gendre de valeurs que nos parents nous avaient inculqués, ma chère sœur.

Un dicton Lannister dit que quand un homme doit mourir dans son lit ou sous un caprice du destin, envoie un sans-visage. Mais s'il ne faut pas cacher les circonstances de sa mort, un Lugus coûte beaucoup moins cher.
Conrad et Luisa sont les chefs de famille, Luisa étant une cousine des frères Clegane, dont elle partageait le physique fort reconnaissable. L'héritier est Naton Lugus, il est présent au tournoi, c'est un guerrier relativement compétent et ses sujets de discussion favoris sont ses succès au combat et au lit. Il n'a jamais gagné un tournoi mais obtenu des bons résultats. Il a survécu à plusieurs tentatives d'assassinat, et son physique qui lui vient de sa mère n'a rien à envié à ses cousins de la maison Clegane.

Deux autres héritiers sont présents sur place : Orten, son frère, maigre et rapace, est connu pour sa ruse. Médiocre en tant que guerrier, il est surnommé la main de la maison Lugus pour ses compétences d’intendant ; et Marita Lugus, 2e fille, mariée à un Lynden, mort de maladie peu de temps après, elle s'est remariée ensuite avec le frère de son précédent mari qui a mystérieusement disparu, ses événements lui ont valut le surnom de veuve noire, promise à un Woods actuellement. Les Lugus ont une force militaire moyenne et sont ignorés par leurs voisins Danett, puisqu’ils ne se mêlent pas de notre querelle avec eux.

Orten nous offrit à boire, et je lui répondis qu’il fallait boire, vivre et profiter. Il se révéla très au courant de nos affaires, essaya de nous sonder sur les rumeurs courant sur la famille Danett, qui loge près des lices. Au final, nous n’apprîmes que le fait que Naton à l'intention de participer aux joutes et à la mêlée noble.

Après ces quelques verres, notre délégation discuta de nos projets pour les jours à venir. Le programme des événements était le suivant :
Demain : inscriptions, après-demain : inscriptions.
Ensuite le jour suivant : cérémonie d'ouverture l'après-midi, festin le soir.
Le jour d'après : 1er tour des épreuves de joute à partir de midi.
Le jour suivant : 2e tour.
Ensuite dans 6 jours : le 3e tour de joute et début des épreuves de tir à l'arc.
Dans une semaine : 4e tour de joute et 2e jour de tir à l'arc.
Le jour d’après : demi-finale de joute et finale de tir à l'arc.
Le dernier jour : mêlée des roturiers puis finale de joute, et en fin de l'après-midi, mêlée noble et le soir grand bal.

J’avais pour objectif au petit matin de m’inscrire pour les joutes puis d’aller voir la délégation Stark. Il faudra que plus tard dans la journée j’aille demander aux hérauts si quelqu’un avait le blason de la maison Archey s’était inscrit aux épreuves.

_________________
Que la Force, les Passions, les Kamis et les Fortunes, les 7 et Rhollor et les Anciens Dieux accompagnent vos lancers de dés.
avatar
Babanek
vieux lycans

Masculin

Messages : 283
Age : 38
Date d'inscription : 09/02/2017
Activités hobbystiques : JDR, jeux de société, de cartes, dessin, manga


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Lettres à une défunte, par Eddard Poole

Message  Loupgris le 02/10/17, 12:38 pm

(la présentation du perso d'Olivier a été rajoutée dans le fichier originel dans le 1er chapitre pour le mettre avec les autres PJs)

- Ser Cyric Barran, un colosse de 2,4 m de haut, la peau bronzée, portant une étrange armure d'écailles en bronze, il s'agit de l'homme lige de Dorna Warwick. Shavo identifia son accent comme celui de la Baie des Cerfs, en Essos, peut-être le fils d'un deuxième fils ou d'un quelconque exilé. Il est fortement tourné vers la boisson et visiblement un combattant d’exception. Je ne sais pas grand-chose de plus sur lui.

6e chapitre : le tournoi de Port-Réal.

Les derniers jours furent remplis d’événements, même si tous ne furent pas heureux. Nous espérâmes pouvoir nous inscrire avant qu’il y eu trop de monde, mais sans succès. Malgré les prix d’inscriptions assez élevés, la mêlée roturière : 1 liard de cuivre (la seule abordable), tournoi de tir l'arc : 1 cerf d'argent, mêlée noble : 1 cerf d'argent, joute : 1 cerf d'argent, une queue immense nous attendait. 6 h d'attente pour l’inscription au tournoi de tir à l'arc, 2h pour la mêlée roturière, 5h pour la joute, et finalement 6h pour la mêlée noble.  Jilano s'inscrivit à la mêlée roturière, Ser Barran, Ser Gareth et moi-même pour la joute et la mêlée noble et finalement Adler pour le tir à l'arc. Peut-être qu’Adrian nous rejoindrait pour l’une de ces épreuves, mais il était actuellement peu motivé. Il avait Gareth Templeton pour représenter la maison après tout, et j’espérais faire bonne figure.

Si la mêlée roturière était deux groupes d’hommes se jetant les uns sur les autres en une foire d’empoigne prompte à faire plaisir au peuple, les autres épreuves demandaient plus de talent et attirerait des spectateurs plus importants. Ceci expliquait la différence de prix d’inscription, et les nombreuses références à fournir avant de pouvoir ajouter ses armes à celles présentes. Cela me rappela cet autre tournoi que nous avions vu enfants, au tout début du règne du roi Robert. Organisé pour ce dernier par la maison Red Waters, au blason de la truite rouge et la devise « Patience coule constante » et leur maison vassale Ferrapide, au blason du sombre château et la devise « Le fer tient dur », toutes deux vassaux des Eiryé, ça avait été le premier grand tournoi auquel j’avais assisté. C’est cet événement qui m’a motivé à devenir jouteur.

Notre barde partit à la chasse aux renseignements. Pour la mêlée noble, le roi sera le dirigeant d'un des deux camps et Kevan Lannister, frère de Tywin, mènera l'autre au combat. Il ne semblait pas y avoir de traces d'un Archey en chevalier errant à la mêlée roturière et les Danett s’étaient installés en bordure des lices dans le quartier des vassaux Tully. Adam Danett s'était inscrit à la joute. Nous ne progressions pas beaucoup sur notre enquête.

Nous nous retrouvâmes à l'Auberge de l'Arbre Vert pour le repas de midi. Un gamin passa donner un message à Shavo, certainement encore un de ses créditeurs lui réclamant de l’argent. Il valait mieux ne pas lui confier l’accès aux coffres de la maison.

Formant une délégation, nous partîmes voir les Danett après l'arrivée de la 2e partie de notre expédition. Les membres de la maison en question se montrèrent très hostiles car dès qu'ils apprirent notre arrivée ils rameutèrent leurs hommes d'armes et se préparèrent autant qu'ils le puissent à une bataille rangée en plein milieu de Port-Réal sans ouvertement ouvrir les hostilités. Ser Etan Garnet, leur maître d'arme, nous attendait le bouclier à la main et le regard plein de haine. La moindre étincelle risquait de mettre le feu aux poudres. Néanmoins, s’ils attaquaient, nous pourrions peut-être arriver à convaincre les gens de la légitime défaire en faisant retraite, mais nous étions en grande infériorité numérique.

D'après notre interlocuteur, Ser Danett refusait de se lever et de nous rencontrer. Leur représentant ne semblait même pas vouloir daigner nous parler. Notre barde joua de ses talents de ventriloquie pour fournir quelques arguments à notre pauvre Ser Gareth, fort mal à l’aise lors des interactions sociales, qui malheureusement ne firent pas mouche. Soledad tenta l'assaut frontal mais eu encore moins de succès au vu de sa position sociale. Mais sans grande surprise, notre interlocuteur semblait sincère et fermement convaincu des accusations qui avaient été prononcées contre nous.

Notre maître des araignées fit une ultime pirouette en persiflant alors que nous partions, mais faillit provoquer une escarmouche plutôt que de réussir à faire réagir sa cible dans une confrontation orale. Une fois rentré à notre auberge, nous travaillâmes à l'écriture d'une lettre aussi polie que possible afin d'essayer d'arrondir les angles pour reprendre l'expression de nos enfants des cités libres. Je convainquis mes compagnons de demander l'aide de membres des maisons Harte et Manning pour transmettre notre message. Une maison neutre pourrait approcher beaucoup plus facilement l’héritier Danett. Comme à leur habitude, nos deux Braaviens partirent dans les rues sombres à la nuit tombée pour faire des choses que des gens de bonne éducation ne font pas.

Le lendemain nous allâmes aux lices des maisons mineures des terres de l'Orage et y trouvâmes les armoiries de la maison Manning. Ser Kevan Manning nous reçu, visiblement heureux de son mariage et fort enthousiaste à l'idée de tournoyer. Mais lorsque je mentionnais les Danett, il nous avoua ne pas croire les rumeurs qu'on lui avait rapportées. Après que Ser Templeton lui jura que les accusations étaient fausses, l'héritier Manning accepta de porter notre missive à nos persifleurs.

Une heure plus tard, notre envoyé revint, mais tout ce qu'il avait put obtenir c'était la promesse que l’héritier Danett lise la missive. Il est complètement convaincu des faits dont il nous accuse, ce n’était pas vraiment une surprise. Sous l'impulsion de l'héritier de Neuf-étoiles nous mentionnâmes les lames à tête de cerf que nous avions trouvées sur les cadavres de la route de l’or. Ser Kevan confirma qu’il s’agissait certainement celles d'hommes ayant servis sous Stannis avant la guerre et qui étaient certainement devenus mercenaires après le couronnement de Robert en signe de désaveu.

Je me séparais ensuite du reste du groupe et me dirigeait vers les tentes de la délégation du Nord. Parmi les vassaux des Stark se trouvaient plusieurs Karstark , un Bolton, Jory Cassel au nom de sa maison lige et finalement un Glover. Je pense que tu te souviens du chef des gardes de Winterfell. Il est maintenant dans la force de l’âge, un combattant aguerri, bon pied, bon œil. Nous discutâmes des rumeurs des Danett, du Nord, de la famille, de mon éventuel retour... Il était bon d’entendre, plutôt que de lire, des nouvelles de la famille et de notre terre natale.

A notre retour à l'auberge, Ser Adrian Egen nous annonça qu'il avait trouvé quelque chose devant sa porte : un petit morceau d'étoffe avec une dague à l'intérieur. Cette dernière était d'excellente facture avec un manche en os de dragon. Il y avait un parchemin sous le cordon qui maintenait l'étoffe fermée avec le nom de notre seigneur écrit d'une main talentueuse. C'était un objet de grande valeur, autant par son âge, sa qualité que les matériaux utilisés pour sa fabrication. Nos deux compagnons originaires d'Essos suggérèrent de l'enterrer et de l'oublier. Le garde du corps découvrit que le pommeau était creux et pouvait se dévisser. A l'intérieur se trouvait une petite fiole de verre, presque vide, avec un ingénieux système permettant de couvrir la lame de poison facilement. Les peurs de notre assemblée que cette arme est put servir à un meurtre et que l’on veuille faire porter le chapeau à la famille Egen se confirmait. On envoya alors Odajian jeter la dague dans la Néra pour éviter cela.

_________________
Je me tiendrais devant tous les ennemis de la liberté.
avatar
Loupgris
Garde loup

Masculin

Messages : 87
Age : 36
Date d'inscription : 12/02/2017
Activités hobbystiques : Jdr, boardgames


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Lettres à une défunte, par Eddard Poole

Message  Loupgris le 25/10/17, 09:28 pm

8e chapitre : l’ivrogne et le renard

Je peux dire que cette visite de Port-réal est vraiment mémorable pour la maison Egen, même si je pense que ces membres aimeraient que ça soit pour une autre raison que cette sombre histoire de diffamation.

Adrian voulait absolument aller au grand Septuaire de Baelor, au grand désespoir de son garde du corps. Peut-être espérait-il avoir un signe des 7 lors de cette visite sur comment sortir de cette sordide situation. Shavo quand à lui avait disparu (certainement pour fuir ses créanciers).

Devant notre assistance à enquêter sur cette affaire dans le but de découvrir qui était l’éminence grise qui en voulait aux habitants du Nid d’Aigle, l’héritier accepta de remettre sa visite à plus tard.  Jilano, Adrian et moi-même décidâmes d'enquêter sur Amish Flowers, pour cela notre héritier envoya un écuyer transmettre une demande officielle d'audience. Ser Garlan Tyrell nous  fit parvenir une missive annonçant qu’il nous recevrait avant le déjeuner. Amish avait comme  blason une rose dorée sur fond argent au lieu du fond vert de la maison Tyrell, il était possible qu’il soit originaire de cette famille : il était courant pour les bâtards de porter une variation des couleurs de leur famille noble. Barran, Gareth et Adler partirent, quand à eux, essayer de retrouver le camelot Rog Thenders. Ils retrouvèrent ce dernier vendant aux passants de tout et de rien à l'une des entrées de la ville. Ils l'invitèrent à diner afin de bénéficier du soutien de leur seigneur pour l’interrogatoire.

Adrian fit porter son épée par un page pour notre rencontre avec les représentants de Hautjardin, afin d'essayer de dissiper les rumeurs de barbarie qui couraient sur nous. Ser Garlan nous reçu alors qu'il se défaisait de son armure d'entrainement, son blason était orné de deux roses pour montrer qu'il était le 2e fils de la maison. Surnommé le Preux par certains, il est surtout connu pour ses talents à l'épée. Il reconnu Adrian, mais aussi mon blason familial mais pas mon nom, ce qui était fort impressionnant. L’éducation des membres de cette maison était de la meilleure qualité. Mon ami répondit à l'interrogation de notre interlocuteur sur les raisons de notre venue en disant que nous étions ici pour dissiper les calomnies et lui poser des questions sur Amish Flowers.

Garlan le Galland (comme il était aussi connu, en opposition à son ancêtre Garlan le malappris) nous avoua avant entendu les rumeurs mais n’y prêtait que peu de foi. Quand à Amish, le nom lui était inconnu, il fit alors appeler Beurboss, un grand et très ventripotent homme dans un costume de bouffon vert rehaussé d'or avec une crête molle. Après avoir prétendu n’avoir aucune connaissance de l’existence d’un tel homme (afin de préserver l’honneur de la grande maison), l’amuseur finit par nous parler  après que son maître a insisté. Il avait connu un Amish Flowers, soldat durant la rébellion de Robert, mais du coté des Targaryens. Mercenaire, la description semblait correspondre. Retournant à des sujets plus dignes de notre rang, Ser Garlan sembla surpris que notre chevalier oint Adrian ne participait pas au tournoi. Sur notre départ, j’annonçais que j'espérais revoir notre interlocuteur dans les lices mais il m'annonça que nous étions 256 inscrits au tournoi, ce qui limitait nos chances de rencontre.

L’ensemble de notre délégation se retrouva pour le déjeuner. Shavo revint avec une information : il connaitrait quelqu'un qui pourrait nous donner la localisation de l'Archey. Après notre collation, Adrian partit au septuaire avec son garde du corps pendant que le reste partit voir le contact de Shavo à l'auberge des Deux Doigts à Culpucier, Ser Joris Terreneuve. L'héritier Egen passa une demi-heure en prière par aspect, au déplaisir de son cousin Braavien. Adrian trouva l'édifice fort ostentatoire, plus tourné vers la gloire des rois que les préceptes des sept. Il y rencontra un membre de la maison Fossovoie de Cidre, des vassaux de Hautjardin, au blason de la Pomme. Je me rappelle vaguement une histoire de deux branches de cette famille, l’une avec une pomme verte et une avec une pomme rouge, se livrant à une vendetta ou quelque chose du genre, mais sans plus de détails. Soledad mentionna vouloir acheter un jeu de Dess pour s’occuper la prochaine fois.

L'auberge des Deux Doigts était, je suis désolé de te le dire ma sœur, mais je n’ai pas d’autre descriptif : dégueulasse et puante, nous trouvâmes un guerrier en cotte de mailles de mauvaise qualité se rendait ivre avec un pisse-raisin d'une qualité encore plus mauvaise. Gareth entama les discussions en lui offrant à boire et Ser Cyrrick l'accompagna, sans surprise connaissant sa passion pour l’alcool. A la mention de Ser Archey, il se leva, tenant à peine debout il dégaina sa lame et voulut tuer ce dernier. Après l'avoir fait rengainer avant qu’il ne détruise tout le mobilier de l’auberge, il nous  lâcha que le susnommé était responsable de sa déchéance. Je convainquis alors Ser Joris de nous guider jusqu'à Clayton Archey.

Jadis chargé de chasser les voleurs du Bois du Roi, Ser Terreneuve avait échoué à débusquer Clayton. Le chevalier au renard avait pris le maquis à la défaite des Targaryens, dont il était un fidèle après avoir perdu contre le prince Raegar en tournoi. Aujourd'hui, sa maison déchue et son suzerain mort, il serait devenu fou et penserait aider feu le prince Targaryen en attaquant les voyageurs, incapable de se rendre compte que les Barathéons règnent. Prenant nos chevaux, nous partîmes vers le Bois du Roi en fin d'après-midi. Soudain, notre guide hurla « Il est là ! », mais ce n'était qu'un simple sanglier. Je regrettai de lui avoir prêté mon cheval de monte, Tyrion, qui reçu une grande blessure dans l'affaire avant de désarçonner son cavalier. Ser Gareth tua le sanglier en une seule attaque, digne de sa réputation, pendant que je récupérai mon cheval blessé. Nous rentrâmes à l'auberge avec Ser Jorris, que nous refilâmes à Adler pour le faire dessouler pour le lendemain. J’appris plus tard que la mission fut beaucoup plus difficile que je le pensais.

Rog Thenders arriva pour diner mais pendant ce temps notre bâtard affrontait Ser Terreneuve sur la propriété du lit de sa chambre. Au final, Adler se retrouva à la porte de la chambre, fermée à clef de l'extérieur et bloquée par une chaise de l'intérieur. Les ragots du camelot tournaient autour de la rumeur que le tournoi serait en l'honneur du fait que la reine serait enceinte de son 3e enfant, mais il n'y avait aucune annonce officielle, et que la Garde de Nuit serait venu pour recruter à Port Réal. Il n'avait rien de nouveau sur les Danett, mais questionné sur le marchand qui les accompagnait, il nous appris que Ruben Piper aurait acheté le droit de se marier à l'héritière Danett et que ça serait la raison de la disparition de cette dernière. Pour finir, Rog avait vu le bouclier de la maison Egen qui servait de preuve à nos accusateurs, trouvé dans le village de Vertevoie, à la frontière entre les Templeton et les Danett. D’après lui, Ruben semblait surveiller le jeune héritier qui supportait sa présence avec difficulté, visiblement le commerçant voulait obtenir ce qu’il lui avait été promis.

Ser Naton Lugus et Ser boit-un-coup, l'épée lige de Dame Yarwyck, picolèrent pendant qu'Adrian, suivi par Soledad, allait voir la promise de notre futur seigneur. Dans la nuit, Ser Terreneuve tapa à la porte de la chambre jusqu'à ce qu'on le libère. Au petit déjeuner il avait déjà vidé deux pichets de vin et avait une lettre d'Archey lui donnait rendez-vous cette nuit dans une clairière. L'écriture du mot ne semblait pas être celle du paquet de la dague, et était signé Lord Clayton Archey. C’est dans ces moments-là que notre demeure familiale du lac Miroir me manque. Notre petite forteresse ne paye peut-être pas de mine, mais nos artisans qui ont décoré les murs de Reflet-des-monts un testament aux hommes du Nord. Je me rappelle récitant notre devise « Nul ne peut vivre sans eau, ou sans art. » C’était un autre temps, une autre époque.

Au matin, revenant du camp des lices, Adrian retourna voir les Fossovoie, Lord Temton Fossovoie et son frère Brian, afin de discuter religion. Accostant le plus jeune à propos de leur rencontre le jour d'avant au grand Septuaire, il fut déçu que ce dernier ne partage pas ses goûts pour une église plus pauvre. L'après-midi serait le défilé d’avant-tournoi, il était temps pour notre délégation de s’apprêter.

Il y avait de nombreuses célébrités dans la compétition, comme plusieurs gardes royaux : Barristan Selmy le hardi (commandant de la garde royale), Jamie Lannister (le régicide), Boros Blunt (le Ventru), Arys du Rouvre (de la maison vassale des Tyrell, originaire du Vieux Rouvre), Vardis Egen (l’oncle de notre cher Adrian), Sandor Clegane (l’horrible géant), Yon Royce (le vieillissant seigneur de la puissante famille vassale des Arryns), Ser Renly Barathéon (le jeune frère du roi), Beric Dondarrion (seigneur de la maison du même nom, il a toutes les qualités de l’éclair qui orne son blason), Thoros de Myr (le prêtre rouge ami du roi), Meryn Trant (membre de la garde royale obéissant), Olimer Tyrell (un membre de la maison Tyrell que je ne connais pas), Garlan Tyrell, Nathan Lugus (l’héritier précédemment rencontré), puis vint le tour de notre assemblée, je suis présenté pour la maison Egen (sous les huées de ceux qui nous appellent des assassins), le roi s’ennuie fortement, il attend le festin. Nous suivant arrivèrent le général Ser Kevan Lannister,  Harrion Karstark (l’héritier), le seigneur Rickard Karstark et Jory Kassel pour la maison Stark. Finalement, Adam Danett, parcoure la lice sous les acclamations de la foule, conquise par ses histoires où il est la victime.
L’ensemble des participants et de leurs délégations (du moins, les gens les plus importants de ces dernières) montèrent ensuite au Donjon Rouge pour le festin, pour les plus éminents dans la salle du trône,  pour les autres dans la cour. Les personnalités de la cour sont déjà installées lorsque nous arrivons. Le festin débute rapidement, le seigneur du trône de fer aimant tant faire ripailles. D’ailleurs, le roi déambule dans la foule sans se soucier de sa sécurité malgré les efforts de ses gardes, offrant son attention quelques instants ici et là. Dame Dora Yarwyck discuta avec Ser Kevan Lannister, qui partit troublé.

Ce fut un grand festin comme je n’en avais jamais vu, aux innombrables plats, entremets, bout-dehors et autres desserts,  gustativement riche et varié, le tout accompagné de nombreux vins et autres spiritueux. C’était suffisamment pour nourrir l’ensemble du territoire des Egen pendant un an… je trouvais qu’ils exagéraient avec le luxe. Mais j’en profitais néanmoins.  A notre table, nous avions d'un coté des Lugus, de l'autre des Royce. Adrian essaya de désamorcer les tensions dans l’assemblée en appelant à la justice du Roi auprès de nos voisins, ce qui convainquit les Royce et les Ventbois. Nous allions avoir besoin de leur aide si jamais notre querelle avec les Dannet s’envenimait encore. Pendant ce temps, je fis la conversation avec les vassaux des Lannister, sans vraiment les influencer (mais ce ne fut pas une surprise, ils étaient restés officiellement neutres dans notre querelle ancestrale jusqu’ici).

Sans surprise, jongleurs et bouffons s’occupèrent de faire sourire les présents, ils eurent du succès auprès de sa majesté mais agacèrent la reine. Lorsque le festin s'acheva, lors d'un toast aux participants du tournoi, Adam Danett se leva et pointa un doigt accusateur vers Adrian. Il l'accusa de ne pas connaître ce qu'était l'honneur et d'être un meurtrier de paysans, appelant à la justice du Roi. Le seigneur Robert semblait agacé mais la reine Cersei l'apaisa. Il autorisa Adam à parler, et ce dernier nous accusa d'avoir violé la paix du Roi en mettant à sac deux villages et d’avoir massacré l’intégralité de leur population. Il jeta alors sur la table le bouclier qu'il aurait trouvé sanglant au milieu des ruines d'un des villages. Celui-ci semblait très vieux, trop pour être utilisé encore actuellement par les troupes du Nid d’Aigle, à mon avis. Adrian répondit que ces accusations avaient été répétées dans toutes les auberges d'ici jusqu'aux terres du Val, et qu'il voulait une enquête du Roi, puisque sa maison n'avait ordonné aucune attaque.

Le Roi ne semblait pas intéresser par l'affaire et demanda à terminer le banquet. Le suzerain des sept couronnes annonça que l'un mentait et l'autre pas, mais notre héritier rétorqua qu'il pensait que les Danett étaient manipulés par une tierce personne. Le représentant de la famille ennemie jeta son gant de mailles à mon ami lorsqu’il eut fini sa plaidoirie, et en réponse, le seigneur Barathéon ordonna un combat entre les champions des deux maisons le lendemain en tant que 1er joute du tournoi. Le résultat de cette manche de joute déterminera qui avait raison à ses yeux. La responsabilité de prouver notre innocence tomba donc sur les épaules de Ser Gareth Templeton.

Laissant les héritiers Egen et Templeton, le reste de notre équipée accompagna Ser Joris Terreneuve à son rendez-vous.  Il demanda à ce que nous honorions les termes de son duel, ce que nous acceptâmes malgré quelques réticences (Jilano avait très peur que son adversaire ne meure avant d’avoir put éclairer nos lanternes). Je me montrais en tant que témoin, Jilano et Stone se dissimulèrent dans les bois pour couper toute fuite, et Ser Barran avec une torche faisait des signes sur le coté de la clairière afin d’attirer l’attention de notre cible. Un archer arriva à l'appel du nom d'Archey, disant qu'il n'avait convoqué personne à un duel, avant de tirer sur le Ser, qui chargea en réponse. Notre archer tira entre les deux pour mettre fin au combat, sans succès, avant que notre cible échange son arc pour une lame courte et mette Ser Joris à terre, mourant au vu de ses entrailles à l’air.

Clayton refusa de se rendre malgré nos injonctions et je l'engageais en combat, le blessant grièvement. Ser Barran enflamma sa hache à deux mains (quelque chose que je n’avais vue auparavant, mais une capacité que les rumeurs attribuaient au prêtre rouge Thoros de Myr) et frappa entre nous deux après qu'il m'est infligé quelques bleus. Jilano bloqua son angle de fuite, mais notre adversaire semblait désespéré. Il répondit que « le roi nous brulera tous ! » prouvant qu’il était toujours dévoué aux Targaryens (un détail que plus tard Ser Gareth suggéra montrait qu’il n’était pas en état de diriger la conspiration contre nous). Notre bâtard lui envoya une flèche dans la jambe qui le fit tomber inconscient.

Notre garde du corps originaire de l'Essos lui prodigua les premiers secours avant de chercher le cheval de notre agresseur, sans rien trouver d'intéressant dans ses fontes à  part une bourse de 15 dragons d'or et des cerfs d'argent. Une petite fortune, confirmant les doutes que nous avions sur son implication. J'envoyais Adler Stone chercher un mestre, le porteur de chaine annonça qu'il pensait que notre adversaire allait survivre si on faisait attention. Il s’agissait du mestre de maison Royce, ce qui nous permettait d’avoir plus confiance en lui. Dans les poches d’Archey nous trouvâmes une lettre qui l'invitait à venir ici, bien sûr pas signé : on voulait éliminer les témoins gênants.

_________________
Je me tiendrais devant tous les ennemis de la liberté.
avatar
Loupgris
Garde loup

Masculin

Messages : 87
Age : 36
Date d'inscription : 12/02/2017
Activités hobbystiques : Jdr, boardgames


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Lettres à une défunte, par Eddard Poole

Message  Loupgris le 20/11/17, 11:23 pm

9e chapitre : sur les lices royales.

L'excitation m'emplit alors que je t'écris ces quelques lignes, ma chère sœur. Je ne peux que penser au tournoi d’aujourd’hui, où j'espère faire bonne figure. Je ne peux me permettre de perdre au 1er tour, où l'armure familiale et mon brave Ser Souris pourraient m'être ravis en rançon. Je m'étais entrainé autant que possible pour ce moment, même si Ser Omble n'était pas le meilleur professeur pour la joute. Au moins, je ne verrai pas Ser Gareth Templeton tout de suite, vu qu'il sera forcé d'affronter Danett, debout dans ses étriers, comme cérémonie d'ouverture du tournoi.

Mais il y avait d'autres évènements fort moins intéressants, mais trop importants pour que je ne t'en parle pas, à mentionner. Le mestre de la maison Royce nous fit transmettre une missive nous annonçant que les Manteaux d'Or avaient emmené notre prisonnier dans les donjons de la ville en attente de son jugement pour brigandage, braconnage, sédition et autres crimes et délits. Du moins s'il survivait à ses blessures, le soigneur n'ayant pas eu le temps de finir son office. Nous pouvions encore l'interroger mais ça allait être plus difficile, à part peut-être pour notre maître marionnettiste.

Hier, avant que nous puissions nous coucher, le barde nous convoqua pour nous annoncer qu'il pensait qu'Orten ou Marreta Lugus était l'auteur des lettres mystérieuses qui avaient croisé notre route. Durant ses investigations (je pense dans les bas-fonds de la ville, où il avait du croiser maintes créanciers), une magnifique séductrice blonde nommée Leeda l’avait abordé, et il pensait l’avoir déjà vu à la cour de nos diffamateurs. Est-ce Iris, la sœur disparue ? Ce ne pouvait être une coïncidence.

Le lendemain, Adrian emmena très tôt le matin Gareth prier devant les 7, en particulier le guerrier pour qu'il soutienne son bras. Ser Omble prêta son harnois au brave héritier Templeton, qui semblait avoir du mal avec cette armure si lourde et encombrante. Il fallut la réajuster pour éviter qu'il ressemble à un tonneau en métal sur pattes. Il n'allait pas avoir le temps de la maîtriser avant le combat. Il n'avait d'ailleurs pas intérêt à endommager trop l'armure, nous n'avions pas les moyens d'en acheter une autre pour notre maître d'armes ! De manière générale, il valait mieux que nos chevaliers remportent le premier tour des joutes si nous ne voulions pas ruiner la famille.

Le jugement des armes débuta solennellement à midi après l'annonce du roi, en ouverture du tournoi. Gareth Templeton face à Adam Danett, pour l'honneur de leurs maisons et jusqu'à la reddition. C’était une annonce qui attira l’attention de la foule, et une histoire que les bardes répéteront dans tout le royaume dès le soir même, quelqu’en fusse l’issue. Malheureusement, Jilano remarqua que notre adversaire était pâle, en sueur et légèrement titubant, confirmant notre peur qu'il fût empoisonné. Malgré tout, notre diffamateur refusa d’accuser une quelconque faiblesse et se mis en position.

Notre champion avança le regard fixe, ne se détournant jamais alors que la lance de son opposant glissait sur son bouclier. C’était une maneouvre risqué, car on s’exposait ainsi aux éclats de bois de la lance lorsqu’elle se brisait, mais en échange elle permettait d’assurer une meilleure visée. Un style qui allait être distinctif de la maison Egen durant ce tournoi. Le fils du seigneur Danett réussit de justesse à se redresser après l'assaut de l'héritier des neuf-étoiles. La foule en liesse exprima sa joie à un 2e passage. Elle ne semblait plus s’intéresser du tout aux rumeurs concernant des exactions dans des villages lointains.

La 2e passe vit les deux lances se briser sur les boucliers, mais cette fois-ci Adam tomba au sol. Pendant que Gareth descendait de cheval, le vassal des Tully semblait pris de convulsions. Les écuyers et le mestre de sa famille vinrent s'occuper de leur seigneur, emportant son corps tremblant pendant que le dernier serviteur amenait le casque et le cheval de son suzerain tombé en symbole de rançon. Plus tard, leur représentant amena 20 Dragons d'or pour paiement, une somme équivalente à une armure neuve, donc supérieur à la réalité. Le roi reconnut le résultat du jugement des armes et déclara l'honneur de la famille Egen lavé. Ca mis fin à la quasi-totalité des rumeurs, mais nous connaissions la vérité : ce n’était pas une victoire digne des Dieux, et Gareth sembla affecté par la tournure des événements.

Dontos Hollard fut désigné par le tirage au sort comme mon adversaire, et celui de Cyric fut Osmund Potaunoir, un guerrier à la chevelure noire corbeau, de grande taille sans rivaliser avec Ser Barran. Mon ainé passa avant moi, vers 14h, et comme Gareth, décida de regarder fixement son adversaire qui était debout sur ses étriers, un choix qu'il regretta amèrement puisqu'il vida ces derniers lorsque les lances se brisèrent sur les boucliers. Cette position offre certes un avantage pour frapper son adversaire, mais nuit à l’équilibre si jamais on est touché en retour. Ser Barran remporta 15 dragons d'or de rançon et Davain Bartheld fut désigné comme son prochaine adversaire.

A 18h, j'affrontais dans les derniers combats de la journée Ser Hollard, dit « le rouge », dernier survivant d’une famille jadis puissante des terres de la Couronne, mais dont tous les membres avaient été exécutés par Aeris, à part lui, alors bébé, épargné par Ser Barristan Selmy. Malheureusement mon adversaire tomba à mon 1er coup de lance sans pouvoir me désarçonner. J'eus de la chance car mon coup était assez faible, certainement mon manque d'expérience malgré que j'ai gardé le regard fixe comme mes prédécesseurs. Il me remit 15 dragons d'or en rançon et le hasard désigna Leobald Thallard comme mon prochain adversaire et Ser Gareth affrontera notre compatriote Lord Yon Royce à l'armure de bronze runique.

Dans les autres lices, Ser Vardis vainquit Eddard Karstark à la 1ère passe, Jorry Cassel fit tomber Langley Woods (le fiancé de Marita Lugus) à la 1ere passe lui aussi, tout comme l’héritier Lugus. La maison Egen avait donc réussi un sans faute sur cette première journée de tournoi avec 4 victoires. Pendant ce temps nos deux Braaviens essayèrent d'envoyer des mestres s'assurer de l'état de santé de celui qu'il pensait être la victime d'un empoisonnement. Je l'appris lorsque le mestre de la maison Corbray (une autre vassale des Arryns) vint nous rapporter qu'avec le mestre de la maison Royce il soupçonnait que la fièvre intense et les douleurs intestinales de l'héritier Danett étaient soit un empoisonnement, soit une intoxication alimentaire, et que le pronostic vital était engagé. Le mestre et le maître d'armes de sa maison étaient à son chevet mais la fièvre résistait à leurs efforts, car le poison était encore non-identifié.

Les mestres proposèrent de présenter ce cas à leur conclave le soir même, mais sans échantillon du poison, il y avait peu d’espoir. Nous partîmes nous coucher pendant que notre montreur de pantins tentait d'aller interroger notre prisonnier, avec beaucoup de difficultés. Il finit par arracher à Archey, par je ne sais quel moyen (il m’avait demandé des renseignements sur une maison qui avait servi les Targaryens durant la Rébellion, cela avait-il un lien ?), qu'Orten Lugus était son commanditaire. Enfin, une confirmation ! Mais le pauvre Rog Tenders avait, quand à lui, passé une bien mauvaise nuit : il fut retrouvé par le guet poignardé dans la Néra. Certainement pour nous avoir fourni des informations, sans savoir qu’elles n’avaient pas été si utiles.

Néanmoins, d’après les dernières informations de Shavo, malgré Orten, la maison Lugus n'avait les moyens ni la subtilité nécessaire pour mettre en œuvre le plan que nous avions découvert : l'implication d'un empoisonneur Braavien parmi les meilleurs au monde confirmait ce que la dague avait suggéré : les Lugus n'étaient que des exécutants. Mais qui était derrière tout ça et quel était leur objectif ? Les troubles entre nos maisons ne pouvaient clairement pas être un but en soi, trop de moyens avaient été mis en œuvre. Le fait que le vieux Lugus était endetté auprès des Archey semblait confirmer qu'il avait été cherché des fonds ailleurs. Qu’est-ce qu’une maison ou un groupe disposant de l’influence et des ressources que nous avions vu pouvait vouloir avec notre petite région du Val ?

Le lendemain, notre brave Ser Gareth débuta encore les lices en affrontant Ser Royce. Il réussit à toucher son bouclier, sans faire trembler le guerrier de bronze, qui en réponse brisa sa lance sur le guerrier de Neuf-étoiles. Les 2e et 3e passes n'eurent pas de meilleur résultat et le seigneur fut déclaré vainqueur par le Roi malgré la vaillante défense de notre compagnon. Les juges avaient clairement vu la différence de niveau : les touches du vétéran avaient été Ser Royce accepta les 17 Dragons de sa victoire et invita son cadet à un coup à boire.

Davain Bartheld, jeune héritier de sa maison (une de nos voisines) et très traditionnaliste d’après les rumeurs, se tint debout sur ses étriers lorsqu'il se lança à l'assaut de notre géant, mais sa foi en Rh'lor fit la différence. Je ne savais pas grand-chose de ce dieu de l’Est, mais il ne m’intéressait pas. Ser Davain trembla de tout son corps lors du choc mais réussi péniblement à tenir en selle. La 2e passe vit les lances se briser sans que les deux chevaliers ne vacillent, pareil pour la 3e passe, mais malheureusement le magnifique coup de Barran au 1er passage ne put compenser les touches multiples de son adversaire et il fut désigné perdant. Il donna son cheval et son armure en bronze au vainqueur : la rançon obtenue lors du 1er tour lui permettant d’acheter un équipement de qualité supérieure à ce qu’il venait de perdre.

Les applaudissements tièdes et les rumeurs de la mort de l'héritier Danett parcouraient la foule depuis ce midi, et ne s'étaient pas tues lorsque je pris ma place sur la 3e lice, la plus éloignée du Roi, dans les dernières heures de la journée. Leobald de Thallard, mon adversaire, semblait m’avoir déjà considéré comme battu, comme s’il était déjà passé à la prochaine phase des combats, une impétuosité qui allait lui coûter cher. Désireux d'impressionner mes ainés qui étaient malheureusement tombé plus tôt dans la journée, je maintins mon regard fixe alors que Ser Souris chargeait. J’obtins une belle touche qui ravi les juges et me donna l’avantage puisque mon adversaire me rata. La seconde passe fut identique, ne laissant à mon adversaire qu’une seule option : il devait me faire chuter durant le 3e tour. Il opta pour une position agressive alors que je pris une défensive, il réussit cette fois-ci à me toucher, sans me faire chuter, alors que j’obtenais de nouveau une belle touche.

Ma victoire surprise redonna du baume au cœur à mes compratiotes, et je ne crachais pas sur les 15 dragons d’or de rançon. Je pouvais envisager d’acheter un harnois pour me servir uniquement en tournoi. Mon prochaine adversaire n’était autre que le fameux Lyn Corbay, et le fait que je le rencontrais me plaçait parmi les 64 meilleurs chevaliers de ce tournoi. Une grande réussite pour le 1er vrai tournoi de ma vie. Sans surprise Ser Vardis, Cassel et Lugus passent eux-aussi au tour suivant. J’étais prêt à profiter du jour de repos pour faire avancer notre autre problème.

_________________
Je me tiendrais devant tous les ennemis de la liberté.
avatar
Loupgris
Garde loup

Masculin

Messages : 87
Age : 36
Date d'inscription : 12/02/2017
Activités hobbystiques : Jdr, boardgames


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Lettres à une défunte, par Eddard Poole

Message  Loupgris le 05/12/17, 09:21 pm

10e chapitre : parmi les 32 meilleurs chevaliers du tournoi.

Nos deux Braaviens disparurent de nouveau dans les ruelles sombres de la ville pour je ne sais quelle occupation impliquant un bordel, pendant qu'Alder Stone suivait Orten Lugus jusqu'à un rendez-vous avec un homme mystérieux dans le restaurant du Lapin Agile. Certains membres de notre équipée semblaient bien connaitre Culpucier. Sous le regard vigilant d'Aemon Rivers, Adrian profita de ce jour de repos pour faire la cour à Kelly Cox (peut-être en prévision de la mêlée noble). Moi, je me contentais de m'entrainer avec Ser Gareth dans les lices afin de m'améliorer pour les épreuves de demain. J’allais affronter des adversaires bien plus expérimentés que moi.

Après une nuit peu reposante tellement j’étais excité, la journée du lendemain débuta par le premier des 4 tours du tournoi de tir à l'arc (deux tours par matinée et la finale le 3e jour). La cible est à 15 m et pour se qualifier il faut réussir à planter 3 flèches sur 3 dans la cible. La première flèche de notre bâtard se planta juste à coté du centre et les 2 suivantes dans le mille. Le 2e tour était identique mais avec la cible à 20 m. Malheureusement il ne réussit qu'une seule dans le mille. Un certain Théon Greyjoy obtint un score impressionnant, peut-être le pupille de Ser Eddard dont me parlait mon oncle ? Ses flèches partaient telle une éjaculation pour reprendre une expression que j'avais entendue chez les Bolton en passant au milieu de la foule pour aller me préparer pour mes épreuves.

Les deux tours de joute se passaient l'après-midi afin d'éviter d'être empiétés par les épreuves du tir à l'arc. Lors de ma rencontre avec Lyn Corbray, je décidais d’appliquer la technique de Gareth, le regard fixe, ce qui me permis de faire une touche superbe contre une touche normale pour mon adversaire en défensif, la 2e passe vit deux touches normales. Malheureusement la troisième passe me vit raté mon dernier assaut, alors que mon opposant réussit son attaque. Une telle situation ce décidait par un système de points par les juges et pouvait être débattu pendant de longues minutes, voir une heure. Mais le roi s’impatientait, et avec nonchalance et désinvolture me désigna vainqueur. La loi était avec moi, mais je ne pourrai peut-être jamais savoir si j’avais vraiment remporté cette épreuve. Je reçu une rançon de 17 dragons d'or, certainement envoyée avec réticence, mais l'état des coffres de la maison Egen ne me permettait pas de refuser (surtout qu’un refus, même honorable, pouvait jeter de l'huile sur le feu d'une situation déjà fort explosive).

Je faisais maintenant partie top 32, Garlen Tyrell pour prochain adversaire. Vardis Egen et Jory Kassel passèrent eux aussi mais Anton Lugus a été battu par Bhoros Blunt. J’étais aux anges, mais je savais que je ne pouvais plus gagner. Mon adversaire était un combattant aguerri, déjà présent lors du tournoi des Redwaters, et j’étais épuisé et éreinté de la précédente ronde.

Après avoir salué mon adversaire et lui avoir rappelé notre conversation à propos de notre rencontre dans les lices, je chargeais en hurlant notre devise familiale : on ne peut vivre sans eau, ou sans art ! Retenant les leçons de Ser Templeron, je gardais le regard fixe ce qui me permis une belle touche lors du 1er assaut, un moins bon résultat que mon adversaire qui fit une très belle touche. Lors du 2e assaut, mon adversaire toujours en défensif, obtint tout comme moi le même résultat que la passe d’avant. J’étais devant un mur, il ne me restait plus qu’une chance. Je lançais toutes mes forces dans la bataille, une position agressive qui me permis de faire une très belle touche contre seulement une belle pour lui, mais ce résultat ne permis pas la victoire aux points. Il ne restait de la famille Egen plus qu’un seul représentant : Vardis Egen, qui rencontrera le régicide en 8e finale. Le chef des gardes de Winterfell, Kassel, est quand à lui tombé contre Ser Barristan Selmy, sans grande surprise. Le plus vieux garde royal est toujours l’un des meilleurs combattants des 7 royaumes.

Au vu de l’avancement des nuptiales de mon ami, peut-être dois-je te reparler de sa fiancée. Kelly Cox est la 2e de sa famille dans l'ordre d'ainesse, sa sœur ainée étant mariée au 2e fils de la maison Darry et avait déjà des enfants mais ses trois frères sont plus jeunes qu’elle (le plus vieux d'entre eux approchait les 16 ans). Le mariage était surtout pour négocier l'accès à Salins, un port à l'embouchure du Val et un accès au commerce du fer, malgré qu'elle ne fût pas le meilleur partit possible pour Adrian. Mais elle était une dame talentueuse pour ce qui est des intrigues d’après les dires. Dame Cox rapporta à notre seigneur les rumeurs courant sur un jugement des armes biaisé suite au possible empoisonnement de l'héritier Danett (pas une grosse surprise, même si peu en parlait, le tournoi ayant déjà fait oublié cette affaire à la foule) et le fait que dame Yarwyck avait été vu avec les Lannister. Il y avait eu plusieurs fois Kevan Lannister et peut-être même la reine. Pourquoi ? Des liens avec ses anciens seigneurs liges ? Des nouvelles de ses anciennes terres attribuées aux Clegane ?

Le 3e tour du tir à l'arc voit notre chef des éperviers passé de justesse et ne mettant qu'avec difficulté ses trois flèches dans la cible à 25m, le 4e tour avec la cible à 30m donna les mêmes résultats. Visiblement, le stress de la foule lui fait perdre ses moyens. Les finalistes du tournoi de tir à l’arc sont Matters Garennes, un certain Hanguy, Ser Ballon Swann, Théon Greyjoy, et le favori, Jalabhart Xho qui mit pratiquement toutes ses flèches dans le centre de la cible. Les 6 finalistes sur 300 concurrents, un beau résultat pour Adler.

Le jour suivant, lors des quart de finales, Ser Jaime Lannister fit plus de points que Ser Vardis au 1er passage et le fit tomber au 2e, pendant ce temps Lord Royce fit tomber Beric Dondarrion en 8e finale. Ces derniers virent Ser Arys du Rouvre contre Lord Yohn Royce de Runepierre, l’oncle d’Adrian (Stella, la mère d'Adrian, était sa sœur ainée) qui remporta aux points. Ser Garlen perdit contre le régicide, déchaussé au 1er tour, j’avais néanmoins été vaincu par un chevalier qui était parmi les 4 meilleurs du tournoi. L’étrange prêtre Thoros de Myr tomba contre Sandor Clegane et Bhoros Blunt perdit sans surprise contre Ser Barristan Selmy. Le dernier tour allait voir le seigneur de bronze contre Sandor et le capitaine de la garde royale contre l'ancien héritier Lannister.

Le soir venu, l’héritier Egen se déguisa pour aller au bordel de la Source de Jade afin d'y rencontrer la mystérieuse Lyda dont Shavô parlait tant. C'était pour l'enquête mais j'étais méfiant de son influence sur mon ami d'enfance. Il tissait déjà les fils du pantin. Dans le luxueux lupanar, une petite musique d'ambiance était portée par des tuyaux depuis d'une autre pièce. Après la dépense de très (trop) nombreux cerfs d'argent, Adrian finit par rencontrer la dite Lyda, plus éduquée et plus habillée que les prostituées des étages inférieurs. Elle fit feu de tous ses charmes et mon ami vacilla un peu avant de lui dire qu'il n'était pas ici pour ses services habituels. Il était Adrian (l'éventreur de yoghourt, l'empoisonneur de crème dessert), l'assassin de son frère ! Sa façade tomba devant la franchise de l’héritier putatif du Nid d’Aigle, révélant une jeune enfant effrayée lorsqu'on lui parlait de sa famille. La manipulatrice était maîtresse dans la sensualité et la manipulation charnelle mais en dehors d'un terrain familier, elle était à un désavantage. Résumant les manipulations des Lugus visant à attiser les flammes de la vengeance entre nos deux maisons avec l'utilisation de mercenaires pour un commanditaire inconnu, Ser Egen lui expliqua ce que nous savions de la situation.

L’héritière Danett se confia qu'Orton Lugus avait manipulé sa haine, lui avait proposé de sortir de cette maison de passe pour qu'elle aille au bal de demain après avoir racheté son contrat. Elle chercha dans les yeux d’Adrian quelque chose mais le Ser du Nid d'aigle refusa de lui imposer une décision, la laissant faire ses propres choix. La disparue parla ensuite de l'inutile vendetta entre leurs deux familles et de l'avenir de sa maison. Elle avait été enlevée après s'être enfuit pour éviter son mariage forcé pour finir vendu dans ce bordel, une conséquence de plus de cette rivalité dont personne ne savait vraiment les raisons. Peut-être que des noces avec Ser Gareth pourrait résoudre bien des problèmes pour nos deux maisons.

Si de telles noces résolvaient des problèmes, il restait l’écueil de son esclavage. Pour beaucoup, elle serait souillée par une vie dans un lupanar, nous n’avions aucun moyen de prouver qu’elle avait jamais couché (et même si c’était le cas, le viol est plus crédible que le désir). La mère et la vierge des 7 parlaient de pardon, de rédemption, et les anciens dieux n’acceptaient pas vraiment qu’on n’offre pas de 2e chance. Il restait une question. Les Lugus n’étaient que des agents, et l’argent qu’on leur avait fournit impliquait une maison majeure voir peut-être une grande maison… Leurs suzerains, les Lannister, mais pourquoi ? Peut-être déstabilisé la Main du Roi pour la faire remplacer ? Lord Tywin était la Main avant lord Arryn après tout…

Le jour suivant débuta avec la finale de tir à l'arc : la cible était à 30m, élimination directe si une des trois flèches manquait. Le mystérieux Henguy fut éliminé à la 1ère flèche, Ser Théon planta une flèche pile dans le centre de la cible au 2e tour, notre Adler fut éliminé au 2e tour. Finalement l'héritier Greyjoy gagna le tournoi des archers, l’étranger à la peau noire Xho et Ser Swann en 2e place ex-aequo. Stone ramena 60 dragons d'or mais Théon gagna bien plus et un arc long en os de dragon.

Les demi-finales de la joute quand à elles s’annoncèrent exceptionnelles. Lord Yohn Royce fit une meilleure touche à la 1ère passe mais tomba à la 2e ronde. Durant le combat que beaucoup voyaient comme la finale, Ser Selmy contre Ser Lannister, un combat de maîtres jouteurs magnifiques à voir mais le vétéran gagna par la décision du roi contre l'avis de la reine lorsqu’il fallut les départager.

_________________
Je me tiendrais devant tous les ennemis de la liberté.
avatar
Loupgris
Garde loup

Masculin

Messages : 87
Age : 36
Date d'inscription : 12/02/2017
Activités hobbystiques : Jdr, boardgames


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Lettres à une défunte, par Eddard Poole

Message  Loupgris le 01/01/18, 01:10 pm

11e chapitre : une foire d’empoigne.

Je reprends ma plume pour te raconter l’une des journées les plus mémorables de ma vie, et certainement digne de figurer dans les dates à marquer d’une pierre blanche de la maison Egen. La journée débuta avec la mêlée roturière qui vit les bleus remporter sur les rouges. Je n’y prêtais pas grand attention, comme la plupart des nobles, c’était surtout un spectacle pour le bas peuple. Peut-être que Ser Brandon Omble y alla pour peut-être y repérer des recrues intéressantes, les maisons y envoyant souvent des recruteurs pour se fournir en soldats.

J’attendais quand à moi avec beaucoup plus d’impatience et d’intérêts la finale de la joute, qui opposa Ser Barristan Selmy au Limier de la maison Clegane. A la 3e passe du finale de joute fortement défendue, Ser Selmy vainquit « Ser » Sandor en le faisant tomber de sa monture. Le résultat était sans surprise pour moi, mais j’avoue que le Clegane se défendit bien mieux que je ne pensais possible.

L’après-midi venue, il était temps de se préparer pour la mêlée noble, Ser Omble, Ser Vardys et Aemon Rivers vinrent compléter notre groupe de mêlée pour atteindre le minimum requis de 7. Il y avait 11 équipes, celle de la Couronne comprenant Thoros de Myr, le Roi et 5 gardes royaux. Nous formions l''équipe 5 et la 2e équipe pour le Val. On m'avait confié la stratégie et je fis de mon mieux pour éviter l'équipe du Roi et me retrouvait face à mon rival de ce tournoi : Garlen Tyrell. Lors de notre première rencontre, il avait pensé peu probable que nous nous retrouverions face à face, et voilà que je le retrouvais une deuxième fois ! J’y voyais un signe des anciens dieux.

Jilano prit l'initiative et se lança sur l'un des chevaliers pendant que je me jetais dans la bataille en direction du chef des représentants du Bief en hurlant ma devise familiale. Notre Braavien trouva la faille dans l'armure de son adversaire et l'élimina puisque c’était au premier sang. Son style agile et rapide était un atout pour ce genre de combats, où son manque d’armure et de perforation n’entrent pas en compte. Ma maîtrise de l'épée me permis de frapper le 2e fils de la maison Tyrell et de lui infliger une blessure mais sa riposte m'élimina immédiatement. Malgré mes efforts, je n’avais pas réussi à passer son armure suffisamment. La hache de Ser Barran infligea une terrible blessure à son opposant, qui dû être évacué pour raisons médicales. Malgré que ça soit un combat au premier sang, le géant ne retenait pas ses coups. Le maître d'armes fit démonstration de son talent en éliminant son adversaire malgré que celui-ci le touche, le coup rebondissant sur son armure. Seul Aemon Rivers ne réussit pas à éliminer son adversaire durant cette première rencontre.

A deux contre six, la deuxième ronde commençait mal pour les gens de Hautjardin et Jilano profita que Ser Tyrell se jetait sur le capitaine des gardes du Donjon Rouge pour placer une attaque, malheureusement insuffisante que ne l’empêcha pas d’éliminer Ser Vardys. Mais Ser Omble trouva la faille de l'armure du chef du Bief et l'élimina pendant que Ser Templeton envoyait sur la touche le dernier membre de son équipe.

Le Nord réussit à éliminer le groupe d'Osmund Potaunoir en perdant Leobald Thallard (ce tournoi ne lui réussissait pas, je l’avais battu quelques jours plus tôt à la joute), et Aryon Karstark. Le Val tomba contre la Couronne et fut éliminé en faisant tomber Jaime Lannister. Il semble que leurs attaques se soient concentrées sur le Régicide… Dorne affronta les terres de l'Orage, l'équipe de Renly n'éliminant qu’un seul de leurs adversaires. Le bâtard Aero Sand utilise le même style à la pique que le célèbre Oberyn Martell, la vipère rouge. Au milieu de la mêlée, dans la confusion des combats, le jeune Dornien de l'auberge frappa la nuque de son compatriote plus vieux, visiblement pour le déstabiliser et provoquer son élimination. Les deux se bataillaient constamment depuis que nous les avions rencontrés.

Les Terres de l'Ouest refusèrent le combat pendant que le Conflant affrontait les Jumeaux en perdant deux des leurs, Pyper et Raimond Darry. Bien que les Frey soient des vassaux des Tully, il n’y avait pas d’amour entre les deux maisons et je pense que les autres maisons du Conflant avaient volontairement décidés de s’attaquer à leurs voisins. Langley Woods, le promis de Maritta Lugus, tomba d'un faible coup de Tytos Nerboc et manifesta les mêmes convulsions que Ser Danett. Notre manipulateur partit chercher un mestre aux maillons de plomb pour essayer de confirmer cette suspicion. J’appris plus tard de Shavo qu’il était mort, sans surprise, d’un mal des entrailles identique à celui qui avait emporté l’héritier Danett, levons-nous en sa mémoire !

Enchainant les combats, notre guerrier du Nord mena l'équipe du Nid d'Aigle contre les 4 survivants de Dorne : Cletus, Bryan (le jeune Dornien de l'auberge, qui tenait une deuxième épée en acier Valyrien en plus de son épée normale, un sourire de satisfaction aux lèvres), Forest et Aero. Le bâtard se jeta sur notre Braavien et lui planta sa lance au travers du corps, manquant de lui infliger une blessure grave grâce à l’agilité naturelle du demi-sang. Il y eut des échanges de coups entre les différents adversaires, le maître d'armes sauva Jilano en éliminant le Sand. Le Braavien, salement touché, sauva Rivers de Forest, et Gareth finit par prendre l'avantage. Les hommes de la Maison Egen avaient remporté ce combat sans subir de pertes, mais ils étaient quasiment tous épuisés.

De l’autre coté de la lice, le seigneur Robert élimina l'équipe Lannister en perdant Thoros de Myr et Preston Verchamps, alors que le combat entre le Nord et le Conflant fut particulièrement sanglant et seuls 2 de mes compatriotes se jetèrent dans la mêlée finale : Rickard Karstark et Doméric Bolton.

La 3e rencontre vit les 2 derniers défenseurs du Nord contre le roi, Ser Barristan Selmy, Ser Mandon Moore et Ser Arys du Rouvre et ce qui restait de notre équipe. Le garde du corps réussit à faire une estafilade au célèbre capitaine des Gardes Royaux avant d'être envoyé au tapis par un coup parfaitement maîtrisé. Sa majesté décida d'engager Ser Omble, l'enterrant dans le sol avec son marteau. Ser Mandon Moore élimina le vicieux Bolton pendant que Ser Du Rouvre affrontait le dernier gardien du Nord. Ser Barran se lança contre Ser Barristan, mais sa hache ne trouva pas chair. Ser Rivers attaqua le déjà affaiblit Karstark sans succès pendant que l'héritier de Neuf-étoiles hésita avant d'engager Ser Moore à son tour.

Le vieux vétéran de la garde élimina sans surprise notre adorateur des flammes, pendant que Mandon Moore tombait sous les coups de notre éternel célibataire Templeton et Rivers fit de même avec le dernier Karstark. Malgré sa devise du ciel est son bouclier, rien n'arrêta le marteau royal et Gareth finit dans le sol comme une plante avant que Rivers, notre allié, ne soit défaussé par les attaques de Ser Arys du Rouvre.

Le roi, Ser Arys et Ser Selmy finirent vainqueurs. Personne n’avait parié sur la défaite de l’équipe de la Couronne, le tournoi en lui-même se jouait à qui finirait deuxième et combien de gardes royaux mordraient la poussière, pas qui finirait premier. Notre maison reçut 50 dragons d'or et beaucoup de gloire pour avoir fini 2e de la mêlée noble. Une grande réussite ! J’aurai aimé faire plus pour notre équipe, mais lorsque le destin vous appelle…

J’avais cherché mon ami depuis mon élimination, sans succès, que je retrouvais au bras de Dame Cox alors qu'il se rendait vers la tente Templeton après la fin des épreuves. Ce dernier alla parler au roi des suites de l'affaire Danett, lui racontant le plan des Lugus. C’était une entreprise risquée et audacieuse, qui je pense était l’œuvre d’Adrian. Il avait beaucoup appris des manipulations du barde Braavien. A l'auberge, à notre retour, nous trouvâmes le mentor en question en pleine conversation avec Brian T le jeune Dornien de l’auberge, de son vrai nom Lord Tigor Will. Malgré sa défaite à la mêlée il était très heureux, car il avait retrouvé sur feu son vieux compagnon, mort dans un accident durant l’escarmouche, la lame valyrienne disparue de sa famille. Portant le beau nom de Scorpion, c’était une lame acérée et plus effilée que la plupart des épées longues des terres du nord et ornée d'un scorpion sur son pommeau.

Notre maître marionnettiste remarqua la coïncidence de sa quête avec la propre perte de la lame Valyrienne de la maison et fit de l’humour dessus, lui proposant de retrouver la notre. Moi, je me demandais bien si ce « lord » était honnête. Pendant cette discussion, le toujours perceptif Jilano repéra un groupe d'une dizaine de Manteaux d'Or, d'une demi-douzaine de gardes du Donjon Rouge et un palanquin qui se dirigèrent vers le bordel de la Source de Jade avant de repartir après qu'une silhouette ne soit montée dans le palanquin. Je me demandais si c’était la manifestation de la volonté de notre Roi ?

Le soir venu, nous montâmes au Donjon Rouge pour le banquet, entrant dans la salle du trône avant d'être trié par les hérauts en différents groupes en fonction de notre rang social, éparpillés dans plusieurs salles de bal. Adrian invita sa promise à danser et impressionna l'assistance par sa maîtrise des danses de cour. Orten Lugus, le manipulateur, fut nerveux toute la soirée et cherchait quelqu'un des yeux, sans succès. Vers la fin du bal, sa grande sœur vint le voir et il devint livide. Il répondit d'un ton sec à Maritta, qui quitta rapidement le bal. Elle semblait vouloir quitter la ville par la suite comme nous l'appris notre danseur d'eau après l'avoir suivit. Mais en fait elle était partie voir un Braavien qui semblait être le maître empoisonneur et son amant dans l'auberge de la Lanterne Brisée.

Les deux membres encore présents de la famille Lugus semblaient dépités durant tout le banquet, et Shavo, invité en tant qu’artiste, passa entre la poire et le fromage devant toute l'assemblée. Il fit une représentation passable, et un homme mystérieux partit avec une partie de son pourboire. Ces créanciers semblaient magiquement apparaitre partout où nous allions. Juste avant le dessert, notre seigneur Barathéon se leva (à la surprise et l'irritation de sa femme la reine) et parla des rumeurs qui continuaient de courir sur nous suite à la mort mystérieuse de l'héritier Danett. Il annonça ensuite avoir depuis plusieurs mois sous sa protection sa sœur et qu'elle lui avait avoué qu'Adam était gravement malade. Il annonça ensuite les épousailles entre les héritiers des maisons ennemies Templeton et Danett pour mettre une fin définitive à toute vendetta, rumeurs et autres commérages. Nul n'osa émettre une quelconque objection à une annonce royale alors qu'Iris Danett s'installait à notre table. D'une beauté saisissante, dans la force de l'âge, elle fut très discrète toute la soirée. Visiblement, elle était encore marquée par son esclavage, la mort de son frère et le reste des récents événements. Je doute que son promis originel n’exprime quoique ce soit contre ce mariage, de peur de s’opposer au Roi.

Il ne me reste plus qu’à te faire l’épilogue de cette sinistre affaire : Orten Lugus quitta la ville, très discrètement, la queue entre les jambes, tout comme sa sœur qui partit le lendemain avec son amant. Clayton Archey est mort en prison, notre dernier témoin de cette conspiration. Le père Danett fut un peu réticent au mariage mais il ne pouvait pas s'opposer à la décision royale, et la joie d’avoir retrouvé sa fille et dernier héritier en vie à certainement compensé ça. A sa mort, les terres Danett fusionneront certainement avec les terres Templeton, ou un des enfants de Ser Gareth et dame Iris en prendra le contrôle et en fera une maison vassale des Egen. Il fallait maintenant s’atteler au mariage… et se poser la question : qui était derrière la Maison Lugus ?

_________________
Je me tiendrais devant tous les ennemis de la liberté.
avatar
Loupgris
Garde loup

Masculin

Messages : 87
Age : 36
Date d'inscription : 12/02/2017
Activités hobbystiques : Jdr, boardgames


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Lettres à une défunte, par Eddard Poole

Message  Loupgris le 06/03/18, 11:54 pm

12e chapitre : les enfants de la forêt

En cette fin de juillet 295, les préparatifs pour les mariages battaient leur plein. Les cérémonies étant prévues pour la fin aout, il ne restait plus beaucoup de temps. La construction des routes avait bien avancé depuis notre retour de Port-réal, fin mars. Nous attendions d’ailleurs une importante délégation de la capitale : Dame Lysa Arryn, l’héritier Robin Arryn, Lord Petyr Baelish et Ser Vardys et ses hommes, ainsi que le pupille des Ventbois, Lord Manning. Cela laissait présager un beau succès, ce dont nous avions bien besoin : les coffres de la maison étaient vides.

Parmi les confirmations, nous avions Lord Rougefort, représentant nos précédents suzerains ; Lord Royce, seigneur putatif du Val en l’absence de Lord Arryn et de sa femme, Lord Yohn Royce le bronzé (de l’autre branche de la maison), Lady Dianna Boisvert, Ser Brynden Tully, SerTriston Sunderland, Edmure Tully (avec Tytos Nerbosc, des représentants des maisons Mallister et Pyper, lady Shella Went la suzeraine d'Harrenhall et Jonos Bracken), les représentants de toutes les maisons mineures proches (dont Fiona Redwaters, dont j’avais été amouraché il y à si longtemps, à mon arrivée dans le Val), les familles des mariés,  ainsi qu’une petite délégation de Frey (les Frey feront les frais de leur réputation de lâche et de tournes-casaques, ils ne seront pas les bienvenus), ainsi que ma Némésis Garlen Tyrel pour un total d’environ une bonne centaine de personnalités.

Alors que nous étions en train de réfléchir à comment nous allions assurer la sécurité des caravanes d'invité, Ser Barran se rua dans la salle pour nous annoncer que Lady Warwick était au plus mal, mais il était incapable de dire si elle était inconsciente ou morte. Après avoir fait mander le mestre Dagon, nous la trouvâmes comateuse sur son lit. Elle était porteuse de petites écailles sur le cou qui ressemblaientt à la Grisécailles, mais cette maladie (contagieuse au toucher) avait une progression trop lente pour être apparue ainsi sans symptômes. Malgré son maillon de plomb, notre érudit avait besoin de plus d'informations pour faire un diagnostic définitif.

Nous renseignant auprès du garde du corps, qui avait forcé la porte de sa maîtresse pour enquêter sur son état, cachant toute trace d'une éventuelle effraction, nous apprîmes qu'un coursier était venu le matin précédent. Cherchant toute trace d'une missive, Shavo trouva sur sa coiffeuse une petite boite en bois des îles d'été, qui contenait une petite fiole remplie d'un liquide sombre avec des reflets rougeoyants et à l'origine scellée avec de la cire. L’objet était accompagné d'un petit morceau de vélin avec un sceau brisé représentant une tête de lion. Écrit d'une belle écriture, il s'agissait d'une déclaration d'amour de Ser Kevan Lannister, décrivant la fiole comme un parfum des îles d'été, un cadeau pour lui exprimer son désir de revoir Lady Warwick à l'occasion de notre tournoi. Grâce à cette information, notre érudit de la Citadelle identifia le poison comme du Sang de basilic, un poison exotique qui tient son nom d'une créature mythique dont on dit que le sang peut pétrifier. Les peuplades des jungles de Yitti utiliseraient ce poison comme arme, dont les effets mortels et rapides sont redoutables.

L'état de la tante d'Adrian évoluait, très lentement, les Anciens Dieux en soient loués, vers la mort. Il nous fallait donc trouver un antidote, et le mestre Dagon s'y attelait d'arrache-pied, cherchant dans des ouvrages sur les poisons exotiques tout autant que sur les créatures mythiques (j'appréciais son ouverture d'esprit qui pouvait faire la différence entre la vie et la mort de notre veuve). La camériste de la victime nous décrivit le messager comme un  blond aux yeux noisette en livrée rouge et or, avant d’ajouter qu'elle lui avait indiqué l'auberge de la Vigie pour passer la nuit. Après que Shavô eût découvert que la fiole avait été recachetée avec expertise et que j'aie authentifié le sceau personnel de Ser Kevan, notre barde et notre originaire de la Baie des Cerfs partirent vers la Vigie pendant des corbeaux prévenaient les forces de Neuf-étoiles d'intercepter le dit messager. Tout semblait indiquer un travail minutieux d’expert pour dissimuler l’ajout du poison, et donc demandant du temps.

Alors que nous avions prévenu Neuf-étoiles de patrouiller pour arrêter le messager, ce dernier, nommé Ethan, n'avait point quitté l'auberge et après avoir cru que nos envoyés étaient des rigolos, les accompagna jusqu'à notre cour. Quelques hommes des clans de la Lune les menacèrent mais ils furent tués sur l'instant par les Éperviers.  D'après lui, la boite lui avait été remise  il y à 2 semaines, par le serviteur de Kevan Lannister (peut-être son échanson), Marek, un blond âgé très proche (la cinquantaine) du vieillissant seigneur. Il s'était hâté à l'aller, campant le long de la Route Royale, plutôt que de s'arrêter tous les soirs dans les auberges. Il ne s'était jamais séparé des fontes de tout son trajet. Il semblait donc que l’empoisonnement avait eu lieu sur les terres de la maison du Lion.

Le lendemain matin, notre mestre avait des poches sous les yeux mais ses recherches lui avaient permis de trouver des remèdes qui permettaient de retarder la mort de 2 jours à 2 à 4 semaines. C’était notre première bonne nouvelle depuis que cette sinistre affaire avait commencé. Le sang de Basilic existe sous deux formes, celle d'un poison ingéré et celle d'un poison de contact. Les deux n'ont pas tout à fait les mêmes effets mais la finalité est la même. Un peu honteux, il nous avoua avoir trouvé un possible remède dans un livre de mythologie, qui mentionnait que les Premiers Hommes avaient dû faire face à un poison similaire et utilisé des glands de Barral (les arbres cœurs, si reconnaissable à leurs visages, leur écorce blanche et leurs feuilles rouges) enchantés par les Enfants de la forêt pour créer un remède.

Les Enfants de la forêt, dont notre vieille nourrice nous contait les légendes, étaient des humanoïdes qui, adultes, avaient la taille de nos enfants et la peau couleur noisette veinées de taches pâles. Ils possédaient 4 doigts avec des griffes, des oreilles pointues qui entendaient ce que les hommes n'entendaient pas, des pupilles dorées rappelant celles des chats et permettant de voir dans le noir. Ceux qui héritaient des pupilles rouges ou noires pratiquaient la magie. Proches de la nature, ils avaient une religion animiste et une sagesse immense que les siècles que leur immortalité leur accordait. Tu rêvais d’en devenir un quand tu étais enfant, ma chère sœur. Leur religion est très proche de celles des Anciens Dieux, que je prie tous les jours.

D’après notre mestre, au-delà du Mur se trouveraient encore des endroits où vivraient les Enfants, mais c’était trop loin pour que nous allions leur demander de l’aide. Il y avait un endroit beaucoup plus proche.

Près d'Harrenhal se trouvait le Lac de l'œil-dieu, un lieu maudit où, en son centre, se trouverait une île appelée l'île aux Faces. On dit que c'est là où les Premiers Hommes, menés par les Vervoyants, et les Enfants de la forêt, ont mis fin à leur guerre, gravant des visages dans les Barrals afin que les dieux en soient témoins. Le pacte donnait les terres découvertes aux hommes en échange de ne pas couper de Barrals et laissaient les forêts aux Enfants. Un ordre, les Hommes Verts, fut créé pour protéger les arbres de l'île, qui est aussi dissimulée par des brumes magiques.

Ser Barran nous dit que R'hllor, son dieu de lumière, lui avait envoyé une vision, celle d'une forêt de Barrals sur une île entourée de brumes et celle d'un faucon noir mourant protégé par une lionne d'un lion menaçant encore plus grand. Je ne savais trop que penser d’une telle déclaration, mais je pouvais voir qu’Adrian se sentait trahi par le fait qu’on mentionne d’autres religions que celle des nouveaux dieux. S’il acceptait, contre fortune bon cœur, mes croyances dans les anciens dieux, puisque notre roi était couronné au septuaire au nom des anciens et des nouveaux, une divinité de l’Est était pousser le bouchon un peu loin. Le messager fut renvoyé jusqu'à Castral Roc porteur d'une lettre pour ser Kevan lui expliquant la situation.

Nous sommes partis en direction de Harrenhal avec Alder Stone en toute urgence, et sans vraiment avoir convaincu certains d’entre nous. Sur le chemin, nous nous arrêtâmes à Neuf-étoiles puis à Salins où nous rencontrâmes Lord Quincy Cox, Lady Hellen et leur fils et héritier, Ser Oster. Les Cox vivent dans une grande tour à l'entrée de la ville, où ils nous offrirent des chambres, un peu humides et spartiates mais ce n'est pas surprenant pour un chevalier fieffé, qui est ravi d’un mariage qui lui permet de gagner un allié militaire pour protéger ses possessions. Lady Hellen fit montre de ses talents de diplomate et de sa maîtrise de l'étiquette  pour nous faire parfois oublier le manque de confort et rattraper les bourdes de son mari, qui commençait visiblement à être frappé de sénilité (il était beaucoup plus vieux qu'elle) et faire taire son vif et vindicatif héritier avant qu'il n'en fasse trop. Nous savions d’où la future épouse de notre seigneur tenait sa maîtrise de l’intrigue.

Traversant le Bois Durain, nous vîmes un cheval avec nos couleurs sur le bord de la route, certainement celui du messager. Il était transpercé de flèches mais son cavalier avait semble t'il  sauté sur un 2e cheval et s'était enfuit, laissant les bandits piller le cadavre avant de disparaître dans les bois. La région, non-alignée, était un repaire de hors-la-loi et notre Lannister solitaire était une proie fort tentante. Nous n’y vîmes donc point de malversation, juste de la malchance, et louâmes autant son agilité que le fait de lui avoir fourni une 2e monture. 4 jours après notre départ nous arrivâmes en vue du lac, et après une discussion fort intéressante avec un habitant local (où nous démontrâmes notre manque de connaissance sur la pêche et la navigation), il accepta de nous prêter une grande barque pour pêcher sur les rivières locales. Nous laissâmes nos chevaux à l'auberge la plus proche.

Après avoir bien fait marrer les locaux en nous entraînant à ramer (avec comme paires de rameurs Barran – Gareth et Gilano – Adler, je tenais la barre étant celui qui avait le plus d’expérience dans le domaine, de notre jeunesse sur le lac Miroir) nous prîmes la direction du lac interdit et de ses brumes, une fois hors de vue des locaux. Je sentais un frisson surnaturel alors que nous avancions dans l’épaisse purée de pois, et mes compagnons semblaient de plus en plus tendus. Le brouillard s’épaississait au fur et à mesure que la nuit avançait, je ne pouvais même plus voir Adrian qui se trouvait à la proue depuis ma position à la poupe. Ce dernier finit à l'eau lorsque nous touchâmes terre. Après avoir remonté la barque je vis ce qui ressemblait à un barral et je me dirigeai vers ces arbres. Je me sentais apaisé alors que les brumes semblaient s'effilocher pour me permettre de voir la lune. Je n'entendais plus mes compagnons et ils m'entendaient à peine, comme si quelque chose étouffait les sons. C’était comme si l’île me traitait différemment.

Les premiers arbres étaient des arbrisseaux, ce qui est assez rare, tous les Barrals que je connaissais étaient des arbres parfois multi centenaires. Des ombres traversaient la brume, mais je ne me sentais pas menacé alors que mes compagnons, eux, se sentaient oppressés.

Et soudain un enfant se posa devant nous dans un rayon de lumière avant qu'il ne devienne une ombre projetée sur les brumes. C'était un petit humanoïde à la peau verte dans une armure de bois, avec une lance et un bouclier. Il parlait dans un westeros archaïque avec une voix étrange. Il ne ressemblait pas du tout aux descriptions des légendes, plus à un étrange chevalier, peut-être un membre de l’ordre des Chevaliers Verts ? Je lui contais la raison de notre venue et il déclara qu'il ne pouvait juger de la justesse de ma quête mais que si nous passions la nuit sans feu et en respectant l'ancien accord de mes ancêtres, nous aurions une réponse au matin.

Les brumes se dissipèrent à mon acceptation, révélant une forêt de barrals comme je n’en avais jamais vu. Généralement, les arbres-cœurs ne sont que des bosquets, et là nous avions une forêt entière ! Accompagnant au chant Shavo avec une chanson du Nord, je m'endormis après une prière aux Anciens Dieux. Mais si Adler s'endormit le premier d'un sommeil agréable, ce ne fut pas le cas de Gareth qui dormit très mal ou de notre héritier qui, lui, pria toute la nuit aux nouveaux dieux de peur que quelque magie ne le détourne de sa foi. Nos deux Braaviens, quant-à-eux, eurent des cauchemars revivant l'histoire de l'âge d'or et la guerre entre les Premiers Hommes et les Enfants de la forêt qui précéda l'âge des héros. Mais ces cauchemars laissèrent place à un sommeil réparateur après la vision du traité entre les deux races. J’avais imaginé cette guerre tant de fois étant enfant, mais leur description était plus réelle que toutes les histoires des Septas.

J’eus une vision d'étendues de glace et de neige, des formes de pures ténèbres, un mal incarné approchant dans la neige, le froid et la glace depuis le nord. Des forces auxquelles s'opposèrent une alliance des Premiers Hommes et des Enfants de la forêt. Je n’avais jamais entendu parler de cette guerre. Était-ce ce qui avait fait disparaître les Enfants de Westeros ?

Au petit matin nous nous réveillâmes tous sauf Adler, qui eut beaucoup de mal à s'éveiller, tout comme son faucon qu'on ne voit que rarement dormir. Il avait vu un homme dans un arbre, aux yeux mauves, loin au nord dans le froid avec une épée qui semblait être en acier valyrien avec deux dragons enlacées sur la garde dans les racines entrelacée. Transformé en faucon, il s'était ensuite envolé vers le sud jusqu'à l'île où nous étions pour réintégrer son corps et se réveiller.

Ser Barran avait vu la même chose que moi mais il avait également perçu qu’un nouvel hiver plus féroce que jamais arrivait. Un vrai hiver, plus terrible que tous ceux de mémoire d’homme, me rappelant la devise de ma maison lige, « l'hiver vient ». Les seules armes capables de lutter contre les ténèbres  seraient des armes en acier valyrien. Et soudain apparut un petit homme en harnois complet de bois et de branches et une lance en ce que je pense être du verredragon, de l'obsidienne. Ce n’était pas le même qu’hier, peut-être était-il un autre membre de l'ordre des Chevaliers Verts. « Malgré les réticences de certains d'entre vous à voir le monde pour ce qu'il est, nées de la peur, nous sommes disposés à envisager un accord. En contrepartie du remède… » dit-il en se tournant vers Alder stone, « nous vous demandons de promettre de faire notre possible pour rencontrer celui qui est entré en contact avec votre zoman. »  Notre bâtard était un de ces mythiques zomans ! Quelqu'un qui peut entrer en contact avec les créatures de la nature, partager son esprit, comme dans les légendes ! Je ne pouvais y croire. L'homme-arbre qu'avait vu Adler avait demandé à notre interlocuteur d'accéder à notre requête si nous acceptions de faire notre possible pour le rejoindre. Pour sceller l'accord il fallait un pacte, et je pensais que notre seule parole n’allait pas leur suffire. Il y aurait certainement une magie ancienne à l’œuvre.

Jilano l’interrogea sur nos rêves, ainsi que sur le Mur, dont il n’avait jamais entendu parler. Nous pensions qu’il servait à repousser les sauvageons, mais en vérité il sert à empêcher les créatures qui se lèvent lors des vrais Hivers d'attaquer Westeros. Les vrais Hivers étaient ceux que j’avais vu dans mes rêves, des hivers bien plus terribles que ce que je pouvais imaginer et ceux à quoi l'Hiver de la devise Stark réfère. Le dernier vrai Hiver datait d'il y à 4000 ans et aujourd’hui plus personne ne croyait aux légendes de cette époque, mais visiblement, les légendes étaient vraies. Tu imagines, ma chère sœur ? Mais personne ne croira… Et, j’espère que l’hiver ne viendra pas de mon vivant… Mais il fallait maintenant que nous prenions une décision.

Adler semblait déterminé, sentant un appel, une urgence alors que Ser Egen avait peur des conséquences de ce choix. Shavo y voyait une ballade épique, une histoire qui deviendrait immortelle. Ser Cyrric une mission divine, Jilano une nécessité par honneur tandis que Gareth pensait que c’était un signe des 7. Adrian finit par dire qu'il accepterait si tout le monde acceptait en son âme et conscience. Il avait beaucoup prié, et même si mon appel aux nouveaux dieux semblait opportuniste, je croyais vraiment à ce que j’essayais de transmettre.

Un humanoïde sortit de la brume au son de notre accord, différent, avec une apparence de jeune enfant, une chevelure de feuilles, des yeux verts en amande comme ceux d'un chat, des vêtements de plantes, des membres fins et un air assez fragile, 4 doigts avec des griffes. C’était un vrai Enfant ! La suivant vers le cœur de l’île, la brume s'écartait sur son passage alors que nous passions des barrals de plus en plus massifs et anciens et qu'un sentiment de sérénité nous remplissait. Finalement nous nous arrêtâmes devant un barral gigantesque de 10 mètres de diamètre avec de nombreux visages couvrant sa circonférence, visages plus ou moins naturels, certainement l’arbre de l’accord entre nos peuples. Il nous demanda de tous poser notre main sur le barral et de promettre de respecter notre accord et de garder le silence sur ce que nous avions vécu sur l'île. Il nous présenta un gland énorme, surnaturel, avec des reflets kaléidoscopiques qu'il faudrait réduire en poudre pour l'ingestion. Comme si tout ceci n’avait été qu’un rêve, nous rentrâmes vers le monde des hommes, quittant le monde des légendes.

Revenir à la barque ne fut pas difficile, un chemin dans la brume s'ouvrit et un petit courant nous poussa vers la rive. Au creux de nos mains, il y avait une petite marque, presque invisible, un visage de Barral. J’y voyais une médaille mais je sais que ce n’était pas le cas de tous mes compagnons. De retour au Nid d’aigle, dame Yarwick avait la quasi-intégralité du visage paralysée. Malgré son regard incrédule, notre mestre prépara le remède et nous annonça le lendemain que d’ici une à deux semaines nous pouvions espérer une récupération complète.

_________________
Je me tiendrais devant tous les ennemis de la liberté.
avatar
Loupgris
Garde loup

Masculin

Messages : 87
Age : 36
Date d'inscription : 12/02/2017
Activités hobbystiques : Jdr, boardgames


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Lettres à une défunte, par Eddard Poole

Message  Loupgris le 06/05/18, 05:39 pm

13e chapitre : une courte guerre.

Ma chère sœur, les événements se précipitent ici. Notre serment aux Enfants pèse lourd sur nos consciences et nos esprits sont occupés par les préparatifs de deux mariages, et maintenant d’un enterrement. Mais je m’emporte, il faut que je te raconte les choses dans l’ordre.

Dame Danett et son maître d'armes se sont installés au château de Neuf-étoiles après le tournoi de Port-réal mais restent assez discrets. Elle fait des promenades à cheval avec la sœur de Gareth, Marlissa, mais ne montre aucun talent ou intérêt pour les activités plus martiales de celle-ci. Il est bon de savoir qu’elle essayait de se reconstruire …

A une petite semaine du tournoi, dame Yarwyck avait repris conscience mais restait alitée, un présage heureux pour beaucoup d’entre nous. Il aurait été malheureux de s’être engagé devant les dieux pour au final échouer. Mais l’arrivée d’un patrouilleur vint ternir ce moment. Il annonçait l'arrivée de 200 gardes rouges Lannister qui venaient de  traverser  à Salins, terre des Cox. Nous accompagnâmes alors l'héritier Templeton, à la tête de 100 cavaliers, partis immédiatement à leur rencontre. Une fois à leur hauteur, Lord Kevan Lannister et 9 chevaliers se détachèrent  pour venir discuter avec nous.

Il venait pour le tournoi et avait décidé de venir plus tôt avec des hommes par sécurité,  car il voulait savoir ce qu'il en retournait de la missive que l'héritier Egen lui avait envoyé. Il est vrai que le premier corbeau qu’avait envoyé mon ami était annonciateur de mauvaises nouvelles et le lion avait ordonné des enquêtes pour savoir qui étaient les responsables de cette tentative d’assasinat. Délaissant ses hommes au château Templeton, il nous accompagna vers le château Egen, soulagé d’apprendre que nous avions trouvé un antidote. Les commanditaires paieront en temps voulu, car un Lannister paye toujours ses dettes. Dame Dorna le fit attendre avant de le laisser entrer dans ses appartements, elle se tenait (avec effort) debout pour le recevoir. Il ne semblait pas y a voir de rancœur entre eux. Lors du diner offert par Lord Egen, sa sœur se présenta avec son nouveau cadeau, un collier en or et rubis de grande valeur. Sans surprise, Kevan obtint l'autorisation de loger avec sa garde personnelle au Nid d'aigle jusqu'au tournoi. Je me demandais si cela n’allait pas attirer l’attention des conspirateurs sur nos cérémonies.

Deux jours plus tard, au matin, un patrouilleur arriva de l'est nous annonçant que son unité avait repéré de larges panaches de fumée venant du Hameau des Roseaux, en territoire Danett. Il s’agissait d’un des villages qui avait été attaqué par ceux qui prétendaient être des membres de la maison Templeton : les pauvres semblait être condamné à être encore et encore la cible de maraudeurs. La confirmation de l’attaque ne tarda pas : le mestre de Neuf-étoiles nous présenta une missive de lord Alfric Danett, annonçant que des troupes armées manœuvrait depuis l'île de Repose et que des troupes de brigands attaquaient les hameaux frontaliers. Les 100 chevaliers des Etoiles filantes furent immédiatement levés pour aller au secours de leur voisin.

A la tête du détachement se trouvait Ser Barran, Shavô (visiblement pour être aux 1ères loges pour écrire une nouvelle chanson), Jilano, Ser Templeton et moi-même, lorsque 2 cavaliers nous rejoignirent. Il s’agissait d’Iris Danett et Ser Edan Gardette qui s’étaient levés pour partir avec nous à la rencontre des forces ennemies. Sur place, le spectacle tirailla nos cœurs.

La plus grande partie du hameau fraichement reconstruit était en flammes et au loin un nuage de poussière se rapprochait, certainement les forces Danett. Pendant ce temps, une unité ennemie était en train de piller les pauvres gens. Interrompus dans leurs viols, les maraudeurs ennemis reformèrent les rangs en guerilleros tant bien que mal pendant que l’unité Danett et la notre formaient une ligne de bataille. Jilano et Cyrick Barran partirent chacun de leur coté pour attaquer les flancs des forces ennemies, espérant agir en tirailleur et harceler les traînards.

La charge de la cavalerie menée par Ser Gareth et galvanisée par ma présence extermina les brigands déjà engagés avec les forces de nos voisins. Il  s’agissait de Ser Hoster Terrick menant les forces des Faucheurs, les cavaliers de la maison Danett. La présence de forces armées si près du mariage de l’héritière était troublante, mais notre demi-westerosi avait eu la présence d’esprit de garder un de nos adversaires en vie. Le prisonnier du Danseur d'Eau nous avoua rapidement avoir été engagé par le pirate Olrik l'écarlate, à travers un intermédiaire appelé le Boiteux, sans savoir qu'ils ne servaient que de diversion et de chair à canon. Olrik, d'après Shavô, était suffisamment riche et influent pour aligner assez d'hommes pour prendre le contrôle de la maison Danett. Prendre le contrôle d’une maison par la force n’était pas une nouveauté, mais avec la Paix du Roi, ça semblait un projet voué à l’échec comme le fit remarquer le cousin Egen.

Au loin, il y avait des combats à l'île de Repose, mais là encore il ne s'agissait pas des forces principales. Je convainquis notre chef de se diriger vers le site du pouvoir, là où la vraie bataille allait se passer. Trois unités ennemies, des archers, des hommes d'armes avec des échelles et une troisième unité d'infanterie, toutes composées de mercenaires et équipées pour le corps à corps y menaient un siège. Plus de 300 hommes bien équipés, et certainement bien entrainés. Prenant peur pour son vieillissant père, Dame Iris nous apprit qu'il y avait un passage secret accessible à pied en passant par les caves de la falaise, et elle allait envoyer son maitre d'armes pour protéger son père d'un assassinat. Shavô, Jilano et Ser Barran se proposèrent pour l’accompagner. Il est vrai qu’à part le garde du corps de Dame Yarwyck, ils n’étaient pas à leur maximum au milieu d’une charge de cavalerie.

Je m'associais aux Faucheurs pour les renforcer durant leur manœuvre de flanc pendant que Ser Gareth lançait ses chevaliers sur la route principale. Cette tactique devait permettre de maximiser les capacités de chacune des unités tout en limitant les dégâts qu’elles subiraient. La charge des Etoiles filantes extermina les archers dont les flèches rebondirent sans effet sur les armures en acier château de ces derniers. Profitant du couvert du déplacement des forces de cavalerie de la maison alliée, le commando de Shavô, Jilano, Ser Barran et Ser Gardette longa les falaises en direction de la mer. Mais ils y découvrirent 5 navires de guerre Lugus en train de débarquer des forces militaires sur la côte : 3 unités, plus précisément une d'infanterie et 2 unités de paysans conscrits. Les navires, eux, étaient équipés de catapultes et de scorpions. Allaient-ils porter secours aux assaillants ou aux défenseurs ? Nous étions convaincus qu’ils étaient responsables de tout ceci.

Le prêtre rouge fit demi-tour pour nous prévenir de l'arrivée des forces Lugus pendant que notre groupe d’assaut passait la grille des souterrains pour se retrouver au milieu d'une bataille dans les appartements du seigneur local. Sur mes conseils, Gareth ordonna à ses troupes de faire une attaque en pince, lançant les deux unités de cavalerie sur les flancs et l'avant de l'unité principale d'infanterie des pillards, qui furent exterminés en un instant. Malheureusement la dernière unité de pillards avait pris place sur les remparts et les forces Lugus manœuvraient pour prendre position alors que les navires allaient se mettre en position pour utiliser leurs armes de sièges. Il allait être difficile de déloger ce qui restait des attaquants.

Notre commando en vint aux mains avec les assassins, des mercenaires pirates qui attentaient à la vie du maître des lieux alors qu'il essayait de trouver une stratégie pour repousser les assaillants. Jilano arriva trop tard pour sauver le seigneur, forcé d'assister à la mort de Lord Gareth d'un coup de trident en pleine tête. Son meurtrier semblait visiblement être le chef des assaillants, qui envisagea de fuir à l'arrivée du maître danseur. L'agilité naturelle du tueur lui permit de s'enfuir malgré les efforts du Braavien, et avec son départ les mercenaires entamèrent leur retraite ordonnée.

Les forces de la maison Templeton en face de lui, Nathan Lugus répondit aux appels de Gareth, annonçant qu'ils étaient là pour aider leurs alliés Danett et que les unités de cavaliers bloquaient leur chemin. Visiblement, leurs plans étaient tombés à l’eau et ils se rattrapaient comme ils pouvaient. Les Lugus défoncèrent la porte du château grâce à un bélier (dont la présence semblait très louche à notre suivant de R’hlor) et se répandirent dans la forteresse pour chasser les derniers mercenaires avec l'aide des survivants de la garnison. Pendant ce temps, une autre unité mercenaire s'échappait du donjon avec des cordes, de paludiers semble-t-il au vu de leurs tridents, leurs techniques de tirailleurs et leurs armures légères. Ces dernières leur permirent de s'enfuir pour la majorité en nageant dans le Trident, là où aucun soldat conventionnel ne pouvait les suivre.

Nathan Lugus offrit de laisser ses troupes sur place pour protéger le château, mais Iris refusa poliment. Après leur départ, elle demanda à son fiancé de demander l'aide de Ser Tully pour maintenir l'ordre dans ses terres pendant le mariage. Les conséquences de cette courte guerre n’étaient guère réjouissantes : les Etoiles filantes subirent des pertes qui affectèrent leur efficacité, les Danett avaient perdu une escouade d'infanterie. Heureusement, les survivants de leur garnison étaientt maintenant des troupes d'élites et les Faucheurs n'avaient subis aucune perte. La puissance militaire de la région avait bien changé.

Maintenant, la question du destin de la maison Danett devenait encore plus compliquée. Logiquement Ser Templeton devait épouser dame Danett pour devenir le Seigneur Danett, et sa sœur devrait se lever pour devenir l’héritière, mais je ne pense pas que le cousin de Ser Adrian veuille de cette position, lui qui a tant rechigné à celle d’héritier de Neuf-étoiles.

_________________
Je me tiendrais devant tous les ennemis de la liberté.
avatar
Loupgris
Garde loup

Masculin

Messages : 87
Age : 36
Date d'inscription : 12/02/2017
Activités hobbystiques : Jdr, boardgames


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Lettres à une défunte, par Eddard Poole

Message  Loupgris le 02/09/18, 10:15 pm

15e chapitre : 2 mariages et un enterrement.

En ce beau jour d'Août 475, 4e jour du tournoi, dame Yarwick paya la rançon de son chevalier vaincu la journée d’hier, dont le retard à payer commençait à faire jaser. Le monde n’a pas beaucoup changé, ma défunte sœur, comme tu peux le voir.

Pendant ce temps, cette araignée de Shavô se mettait en chasse d'un servant fidèle, compétent, et dans une position permettant de vendre l'histoire qu'il avait préparée. L'élu, un dénommé Brachen, garde de la garnison, allait devoir prétendre avoir été puni sévèrement pour avoir tordu la cheville de Dame Danett par accident et avait passé plusieurs jours au cachot après avoir été fouetté. Sortit juste avant le mariage, les rumeurs allaient courir qu'il avait une rancune envers la future femme de son seigneur. Il fallait espérer que cette histoire et les fausses traces de fouet arriveraient à vendre tout ceci à notre comploteur. C’était un bon plan, si un peu audacieux, mais malheureusement fait dans l’urgence : nous allions découvrir plus tard que l’assassin avait déjà quitté la ville depuis longtemps lorsqu’il fut mis en place.

Après les 2 premiers tours de tir à l'arc, la moitié des concurrents avaient été éliminés mais Ombre, Adler, Marlissa et Ser Brynden Tully étaient encore dans la course.

Ser Gareth affronta Ser Raymund Darry, se lançant dressé dans les étriers contre un attaquant agressif, ce qu'il regretta rapidement puisqu'il finit à terre. Les trois frères ainés de Ser Darry avaient tous été tués au service des Targaryens au Trident, et il semblait que le tempérament d’un dragon se trouvait dans le dernier seigneur de leur famille.

Lors de mon combat contre Maurice de Moulinvieux, vieux chevalier de la maison Kettley, nous nous ratâmes l'un l'autre sur la 1ère passe, brisâmes tous les deux nos lances lors de la 2ème passe, mais je remportais en brisant ma lance alors qu'il me manqua dans la passe finale. Il ne tomba pas, témoignage de ses talents de cavalier, mais je gagnais aux points. De leur coté, Vardys Egen et Gareth Tyrell étaient toujours en lice, et Ian Stone, chef des Etoiles Filantes avait fait tomber Kevan Lannister. De son coté, Edmure Tully à été éliminé par Osmund Poteaunoir. Naton Lugus était malheureusement encore en lice. Ce tournoi était vraiment un succès et mes talents de jouteur ne cessaient de s’améliorer. Il faudrait qu’un jour je fasse tomber l’héritier Templeton, qui semblait maintenant prendre des notes sur ma façon de jouter plutôt que l’inverse.

Ser Lothor était apparenté de très loin de aux Brunes de Combrebrune, qui l’avaient rejeté et il avait depuis fait carrière en tant que lame à louer dans la région. Son talent au combat lui venait de l’expérience des batailles plutôt que d’un entrainement formel. Lors du troisième tour Gareth et son adversaire Lothor Brune ne brisèrent pas leur lance au premier tour, les brisèrent au deuxième tour sans tomber et, tout comme pour mon combat précédent, l'héritier Templeton gagna aux points en touchant lors de la dernière passe.

Je savais que je n'avais aucune chance contre Lord Yohn Royce, qui venait d'éliminer Lord Jonos Bracken, j'avais néanmoins réussi à arriver jusqu'aux 8e de finale. Tu aurais dû me voir chevaucher vaillamment à la rencontre du seigneur de Runepierre, bien décidé à faire bonne figure devant la foule assemblée.

Lors de la 1ère passe, personne ne toucha, mais ma chance ne me sauva pas plus longtemps. Il me toucha durant les deux passes suivantes sans que je ne puisse lui porter de quelconque attaque digne de ce nom, et après m'avoir couvert de bleus lors du 2e passage il me fit tomber dans l'inconscience (et de cheval) lors de la passe finale. Il m’aida à me relever et me félicita pour ma belle prestation et je dois dire que je ne pensais pas tenir jusqu'à la dernière joute. Un jour, j'irai encore plus loin. J'avais beaucoup progressé en si peu de temps !

Garse Bonru, un des chevaliers de Lord Lymond Bonru des amis d'Edmure Tully, une association un peu surprenante lorsque l’on sait que les Bonru se battirent du coté des Targaryens et furent punis par son père, Hoster, à la fin de la Rébellion, était le prochain adversaire de l’héritier de la maison Lugus.
Après une première passe tout à fait classique, lors de la 2e, la lance de son adversaire perça l'épaule de Naton Lugus après avoir ripé sur son bouclier sans se briser, le faisant tomber de cheval, grièvement blessé. La lance avait un fer de lance dissimulé dans le bois et la hampe était plus solide que la normale, mais malgré la petite différence de poids, la modification n'était pas notable sans faire très attention. Il n'y avait qu'une lance modifiée sur tout son stock, et sa blessure et sa surprise semblait confirmer qu'il ne savait pas que la lance avait été truquée.

Cet accident ne nous surprenait pas, car il avait été clair qu’Orten, le frère de Naton avait des ambitions élevées et ne comptait pas rester éternellement dans l’ombre. Le fait qu’il l’a fait durant notre tournoi semblait indiqué qu’il n’avait pas abandonné l’idée de nous faire chuter à notre tour. Pendant qu’on emmenait le corps mourant du malheureux jouteur, il était temps de mener une enquête. L’origine de la lance était déjà malheureusement une impasse, Jilano suggéra d’enquêter sur son entourage car quelqu’un connaissant le Ser avait dû faire l’échange.

Feu l'héritier de la Maison Lugus était un alcoolique notoire mais il n'avait pas l'alcool violent, juste vantard. Il avait put froisser bien des égos, mais certainement pas assez pour qu’on l’assassine. Ser Naton était arrivé avec seulement son écuyer. Agé d’une quinzaine d'années, ce dernier le servait depuis 3 ans, il ne lui connaissait pas d'ennemi, et avait pris la place de son précédent écuyer lorsque celui-ci avait été adoubé. Une histoire classique et qui semblait pointer vers quelqu’un d’autre comme responsable. Il mentionna alors avoir vu quelques mercenaires de Port-Marill dans le coin, le port en frontière des terres Lugus où sévissait un puissant pirate. Shavô avait plusieurs fois suggéré de nettoyer cet endroit dès que nous en aurions l’occasion, et cette affaire semblait supporter son argument.

Les quarts de finale avaient été annoncés, opposant Lord Yohn Royce contre Hendry Bracken, un des neveux de Jonos et un bon chevalier d’après les vétérans des tournois. SerVardis Egen se retrouvait contre Edwood Harte, un des chevaliers de la maison Harte venu de Port-Royal, Garce Bonru affrontera Marcus Helldridge, qui accompagne lady Marsten du Val, 3e fils d'un chevalier, a combattu au Trident pour protéger lord Corben après la mort de son fils et chef de la garnison de la forteresse des Marsten, l'Andouiller. Notre héros local, Ser Gareth Templeton avait comme adversaire Corbyn Celtigar, qui avait vaincu son second au tour d'avant. Il était venu avec la suite des Bartheld, les vendeurs de vin. Le dernier match opposait Hendry Bracken contre lord Yohn Royce, qui m’avait désarçonné à la ronde précédente.

Shavô, par je ne sais quelle méthode déshonorante, appris qu'une missive était arrivée pour Ser Tully, lui demandant de nous accuser de la mort de son vassal et de demander rétribution, voir la guerre. Ser Edmure fit aussi garder le corps de feu Ser Lugus par le chef de sa garde personnelle, une demande fort étrange que nous ne pouvions pas vraiment refuser, mais je suggérai de faire venir quelques sœurs du silence pour veiller le corps. Peut-être avait-il peur que les traces du meurtre soient maquillées durant la nuit ? Une discussion plus tardive avec son oncle Ser Brynden fit le tour des ragots très rapidement, le Silure lui ayant fait la leçon comme à un enfant et lui avait dit de ne pas se laisser manipuler par Ser Baelysh.

Notre service de renseignement Braavien mena une enquête dans le débit de boisson des lices, accompagné de l'écuyer Lugus dans le but de retrouver les mercenaires qu'il avait mentionné. Ser Barran et moi-même nous trouvions dans les environs pour sortir nos lames en cas de mauvaise fortune.

Après les avoir repéré dans l’auberge, buvant tout leur soûl, nos deux amis suivirent par la suite les deux mercenaires, jusqu'à qu'ils aillent se coucher. Ils étaient seuls mais l'emplacement vide d’un sac de couchage indiquait que le donneur d'ordres était déjà partit. Ils n'opposèrent aucune résistance à leur arrestation. Ils avouèrent que leur donneur d'ordre se nommait Lucas, qu'ils venaient de Port Marill et qu'ils avaient travaillé pour Olrik l'Écarlate, à harceler les paysans Danett. Encore une preuve de l’implication des Lugus dans nos problèmes, mais qui ne tiendrait pas une seconde devant une cour. Ils décrivirent le troisième membre de leur trio comme un fouineur, un mec discret, partit en fin d'après-midi.

Durant la nuit, Adler Stone appris d'une matière inexplicable la localisation de notre cible, avec laquelle Jilano et lui revinrent le lendemain à 10H. Nous étions maintenant le 5e jour des festivités, qui débuta avec l’interrogation du dénommé Lucas. Dans ses affaires se trouvait, je te laisse deviner ma chère sœur, des flacons remplis d'herbes, un petit tuyau creux et des fléchettes, des postiches et costumes, tout l’arsenal d’un assassin. J’étais présent durant le début de l’interrogation, où il avoua avoir déjà croisé les Lugus à Port-Marill mais ne confirma pas son implication dans quoi que ce soit. Petite Une fouille plus approfondie de sa petite mallette avec plein de rangements partout par notre barde révéla un rubis d’une valeur d’une centaine de dragons d’or, le prix de son œuvre. Au vu de son refus de nommer son commanditaire et de l’impossibilité d’utiliser tout ceci pour mettre fin aux hostilités, j’entendis avec horreur mon ami Adrian faire la proposition d'un contrat sur la personne d'Orten (en fait, sur le commanditaire, non-nommé, mais nous pensions tous au nouvel héritier). Je quittais alors la pièce et j’appris plus tard que le meurtrier était partit faire son œuvre et transmettrait des preuves une fois sa besogne accomplie… je détestais ce genre d’actions, mais je n’allais pas faire appel à la Justice du Roi pour ça… Trop de vies étaient en jeu.

_________________
Je me tiendrais devant tous les ennemis de la liberté.
avatar
Loupgris
Garde loup

Masculin

Messages : 87
Age : 36
Date d'inscription : 12/02/2017
Activités hobbystiques : Jdr, boardgames


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Lettres à une défunte, par Eddard Poole

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum